52% en 2020.

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barbabapat

21/06/2021 à 12:18

https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/100-sante-le-torchon-brule-entre-l-etat-et-les-opticiens_2153092.html

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"On est loin des 20% attendus. Si les opticiens ne s'y mettent pas, on n'atteindra pas les 25% souhaités à terme alors qu'en audio, on est déjà à 42% en janvier 2021, et en dentaire, à 52% sur 2020", souligne le ministère de la Santé qui rappelle que l'offre a été définie avec les professionnels et qu'ils se sont engagés à la présenter en paraphant un protocole d'accord.
Du côté des opticiens, on ne voit pas les choses du même oeil. "Cette estimation de la DGCCRF est un véritable fourre-tout, s'emporte Olivier Padieu, président d'Optic 2000. Elle mêle des manquements graves à de simples oublis, comme le fait de ne pas avoir fait signer le devis au client." C'est loin d'être un échec, se défend la profession. "Aucun quota ne figure dans l'accord signé avec le ministère", insiste André Balbi, président du Rassemblement des opticiens de France (ROF). Si le dispositif ne décolle pas plus, c'est parce que beaucoup de Français ne paient déjà rien sur leurs lunettes grâce à leur complémentaire santé, "au contraire de l'audio où les produits coûtent plus cher et sont moins couverts, note Véronique Bazillaud, déléguée générale du Syndicat national des centres d'optique mutualistes (Synom). Aujourd'hui, on peut avoir 500 euros ou plus de reste à charge par aide auditive alors qu'un Français sur deux a un reste à charge inférieur à 40 euros pour une paire de lunettes avec des verres simples."
Eric Plat, le PDG d'Atol, ne décolère pas. "Pour tenir les prix, nous sommes obligés de nous approvisionner en Asie. Conséquence : on va affaiblir notre filière de production française en la privant des investissements nécessaires en R&D." Un argument massue que confirme Patrice Camacho, secrétaire général chargé de la santé chez Krys qui a relocalisé une partie de sa production dans l'usine de Bazainville (Yvelines) : "Produire des verres 100% santé en France n'est économiquement pas tenable."

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La réforme mettrait aussi une partie des 12 441 magasins d'optique en danger. En 2019, le ROF prévoyait qu'avec un taux de part de marché du 100% santé de 14,8%, 11% des entreprises seraient en difficulté. Motif : le panier moyen du 100% santé s'élève à 142 euros, quand le prix moyen d'une paire de lunettes est de 383 euros. Pourtant, les opticiens dégageraient des marges folles, attaque l'association UFC-Que Choisir. Une paire de lunettes serait vendue en moyenne plus de trois fois son prix d'achat. "On ne peut rien en conclure, réplique Thibaut Pichereau, délégué général du ROF. TVA, salaires, locaux, matériel... Beaucoup de charges pèsent sur les opticiens. A la fin, leur résultat net est à peine de 5,4%."

Si le 100% santé plonge les professionnels dans le flou, c'est aussi parce que de nouveaux venus entendent leur croquer des parts de marché. A 31 ans, Paul Morlet, fondateur de Lunettes pour tous, se targue d'être à l'origine de la réforme dans l'optique. Soutenu par Xavier Niel, il propose des tarifs défiant toute concurrence : 40 euros la paire de lunettes en moyenne. Dans sa boutique du Châtelet à Paris, il en écoulerait environ 350 paires par jour. "Sans les fonds de Xavier Niel, son modèle ne tient pas, rétorque un expert du secteur. Et tous ses produits viennent de Chine." Autre acteur, autre vision. Diego Magdelénat a lancé Droit de Regard en 2020. Ses boutiques proposeront une offre uniquement 100% santé, avec des verres mieux-disants que la loi. "Grâce à un modèle sans intermédiaire, on marge quand même", soutient-il. S'il se fournit comme ses confrères, pour l'heure, en Asie, il serait en pourparlers avec un verrier européen. 100% santé ne signifiera peut-être bientôt plus 100% Chine.

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