billet de francois morel

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azerty

06/11/2020 à 10:52

Le dernier billet de François Morel :

« Je me souviens, le premier confinement, je ne l’avais pas mal pris. Il avait fait beau, on mangeait dehors. Je dinais à heure fixe, ça me changeait. Je réussissais à perdre du poids. J’écrivais. J’ai travaillé mais de manière différente. J’ai regardé des séries. Et puis surtout, j’ai profité de mes proches. Ce fut une parenthèse pas désagréable. Tous les soirs à 20h, comme tout le monde, j’applaudissais le personnel hospitalier. Je me disais que ce n’était pas si mal un pays qui, plutôt que son économie, privilégiait notamment la vie de ses vieux.
Le deuxième confinement, j’ai moins aimé. D’abord, plutôt que vers le printemps, on allait vers l’hiver. On était un peu démoralisé. On se demandait combien de temps ça allait durer, s’ils allaient bientôt réussir à trouver un vaccin. Le soir, à 20h, on n’applaudissait personne. C’est pas quand on met les radiateurs qu’on va ouvrir les fenêtres en grand.
Le troisième confinement, c’est là que l’explosion de la vente des chiens a explosé. C’était encore le meilleur moyen de justifier les promenades en forêt. Ceux qui n’avaient pas les moyens de s’acheter un chien s’achetaient juste une laisse. Quand ils croisaient des gendarmes, ils se mettaient à courir la laisse à la main en criant Sultan ! Sultan ! Reviens ! Reviens Sultan, reviens !
Le quatrième confinement, c’était l’anniversaire de la mort de Samuel Paty. Certains ont eu l’idée, (ça partait d’une bonne intention), d’applaudir tous les soirs à 20H les professeurs des écoles, des collèges, des lycées. Ça a fait des polémiques. Certains ont pensé que ça pouvait passer pour une provocation.
Le cinquième confinement, je ne m’en souviens plus trop. Je crois que j’ai commencé à boire le premier jour et je suis resté torché pendant les six semaines. Je buvais. Parfois, je vomissais pour faire de la place. Puis je rebuvais…
C’est surtout à partir du sixième confinement que j’ai repris du poids.
Je me souviens que entre le septième et le huitième confinement, je ne suis même pas sorti de chez moi, j’avais perdu l’habitude.
Pendant le neuvième confinement, en ouvrant la fenêtre, j’ai le voisin d’en face qui travaille dans le BTP qui m’a crié « Vu votre nouvelle silhouette, vous devriez peut-être faire élargir vos portes au cas où vous auriez envie de ressortir de chez vous entre les deux prochains confinements. « De quoi je m’occupe ? » j’ai répondu en refermant la fenêtre.
Le dix-septième confinement, je me souviens, on a regardé plein de films, des vieux trucs, des comédies sentimentales. Les enfants étaient quand même étonnés, ils ne comprenaient pas quand ça finissait bien, pourquoi le monsieur et la dame, se sentaient obligés de se frotter la bouche l’une contre l’autre, parfois même de sortir la langue en guise de contentement ? « C’est dégueulasse, ils disaient, c’est pas hygiénique et puis ça sert à rien… »
On ne leur répondait pas trop, on avait peur de passer pour des parias, on avait de la nostalgie…
Voilà. J’arrive bientôt à mon vingt-troisième confinement. D’une certaine manière, ça passe vite la vie confinée quand on est dans la torpeur.
Pour les jeunes, on est des dinosaures. Ils nous demandent « Mais avant quand ça n’existait pas les confinements, qu’est-ce que vous pouviez bien faire toute la journée à traîner dehors ? Et pourquoi vous étiez obligés d’être en présentiel pour prendre un apéro avec des potes alors qu’avec Zoom c’est tellement plus pratique ?»
On fait comme si on n’entend pas.
On attend la nuit pour pouvoir faire des rêves de baisers, de poignées de mains, d'étreintes, de terrasses, de cinémas, de théâtres. Nos rêves d’aujourd’hui, c’était le quotidien d’hier. »
François Morel

en attendant on pourra toujours continuer à courrir et on sera peut etre meme les premiers à faire un iron man à 70 ans :-)

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vernal

06/11/2020 à 13:59

Juste magnifique !
PP pourrait dire qu'il y a des manques dans la description, pourtant il y a des sorties de langues..

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"Les enfants étaient quand même étonnés, ils ne comprenaient pas quand ça finissait bien, pourquoi le monsieur et la dame, se sentaient obligés de se frotter la bouche l’une contre l’autre, parfois même de sortir la langue en guise de contentement ? « C’est dégueulasse, ils disaient, c’est pas hygiénique et puis ça sert à rien… »

Bah l'a pas tort le François, nous les vieux quand on était jeune, y avait les slows, c'était bien ça pour se toucher et entamer (ou pas) une relation, tu pouvais deviner si la meuf bougeait bien (ou pas) , bon fallait faire gaffe à la durée de certains morceaux (de musique) selon le morceau choisi (de gonzesse) :-))

Maintenant les p'tits jeunes ne se touchent plus, par contre avec internet ils connaissent d'emblée (pour pas dire d'entrée) la triple sodomie.

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Arsénieux

06/11/2020 à 14:39

Tes enfants sans doute et aussi tes petits enfants ! Ne parle pas toujours pour les zotres

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vernal

06/11/2020 à 17:01

Le slow, toute une civilisation un peu comme la chute de l'empire romain.

Il y a 2 ans, un neveu de 17 ans m'a expliqué en long, en large et en travers les avantages et inconvénients du clitoris. Un peu surpris, je lui demande :" T'as eu un petite amie ?". Il me répond de ce fait "T'es pas bien ?" J'avais du dire un gros mot.

J'ai beaucoup d'exemples qui suivent le schéma : Tinder, diner et plus si affinité. En clair, d'abord on couche, puis on se parle et éventuellement on sort ensemble (au moins du lit !).

PP, nous sommes des romantiques. Nous sommes dans la nostalgie des émotions qui lentement à deux se construisaient, nous remuaient et pas toujours n'aboutissaient si ce n'est à la notion de rateau.

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barbabapat

06/11/2020 à 17:26

vernal écrivait:
------

> Il y a 2 ans, un neveu de 17 ans m'a expliqué en long, en large et en travers
> les avantages et inconvénients du clitoris. Un peu surpris, je lui demande :"
> T'as eu un petite amie ?". Il me répond de ce fait "T'es pas bien ?" J'avais du
> dire un gros mot.
>

Entre l'indoctrination féministe à haute dose à l'éducation nationale où il vaut mieux faire attention où on laisse trainer les mains aujourd'hui et une génération qui arrive avec un taux de divorce important et qui a vécu les problèmes de garde alternée, les pression psychologique des mères pour essayer de créer des affaire de violence sexuelle sur les enfants; il est normal que la nouvelle génération n'idéalise pas bpc les relations avec l'autre sexe.

Le slow, c'était l'occasion de tester la partenaire. Aujourd'hui, tu te retrouves avec une accusation de harcèlement si tu testes ce genre de choses.

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Arsénieux

06/11/2020 à 18:10

Les relous du slow, y en avait plus que les romantiques 😂😂

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vernal

07/11/2020 à 10:11

Ouh là ! Arsénieux ! Cool, c'est juste de la nostalgie sur un moment disparu et des impressions sur les enfants de maintenant qui sont très loin de l'enfance que nous avons eu... Évidemment, nous n'avons pas eu les mêmes slow, ni les mêmes enfants. D'ailleurs de temps en temps, je serais tenté de mettre les miens sur le Bon Coin (encore un truc qui n'existait pas avant).

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vernal

07/11/2020 à 10:13

Pour Azerty, j'ai fait écouté à mon épouse le billet de François Morel sur France Inter. Et vla t'y pas que je la retrouve en larme. Azerty, je ne vous remercie pas !

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bill

07/11/2020 à 17:55

Le problème c'est qu'avant il y avait probablement autant de tarés qu'aujourd'hui mais on ne le savait pas.
Aujourd'hui tu as quand même une gamine de 15 ans qui fait une vanne sur le président des usa sur twitter ou facebook et c'est repris par la plupart des médias.
Avant le con était local, aujourd'hui il est planétaire... :-)

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eugeneol

08/11/2020 à 10:05

bill écrivait:

> Avant le con était local, aujourd'hui il est planétaire... :-)

Audiard t'es pas mort !