Forum associé : Eugénologie

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Guadeloupe

30/12/2014 à 20:56

J'aime cette lettre, simple, lucide. L'avenir dépend de nous, et cela pourrait inspirer quelques uns d'entre nous pour commencer 2015 avec une nouvelle vision du monde.
"Lettre à mon ami Matthieu Ricard sur l'altruisme"
http://www.noetique.eu/articles/philosophies/altruisme-matthieu-ricard/view

Plaquessiv2_vovj6l

ameli

31/12/2014 à 15:38

La simplification de M Ricard est religieuse, simpliste, voire caricaturale... et je n'apprécie que moyennement la noétique de Halevy. J'ai la désagréable sensation qu'il veut rationaliser la complexité du raisonnement humain, le ranger dans des cases qui s'entrecroisent, pour la stabiliser.
Quant à moi, je trouve cette complexité tellement complexe qu'on ne pourra jamais ni la ranger ni la stabiliser !

L'altruisme s'étudie, avec calme, comparaisons philosophiques et économiques, et examens des faits.
On peut partir de Hobbes et son pessimisme, ou de Rousseau et son naturalisme, et tomber sur les économistes qui privilégient un égoïsme individualiste, comme Smith et Ricardo, et plus tard Mill et Pareto. Si on applique à la lettre ce qu'ils suggèrent, il n'existe plus d'altruisme.
Or, que voit on sur le plan individuel, que deviennent les systèmes politiques, les systèmes sociaux (au sens de société), les civilisations ?
Le comportement humain change, la civilisation change, la politique change, les sociétés changent. Et, partout, ces changements ne se créent que par altruisme. L'altruisme est un aspect fondamental de la nature humaine. On dit, par naïveté, que les changements et améliorations personnelles sont dus à l'intérêt personnel, c'est contraire à tout examen factuel. L'intérêt personnel n'est jamais indépendant de la considération des autres, car l'homme est complexe : l'intérêt comprend de multiples déterminants, le statut social, la reconnaissance sociale, la sympathie, la politesse, la gentillesse, la préférence, l'utilité sociale, le lien social, la paix, etc.
L'homme est un animal social ayant besoin des autres animaux sociaux. Il n'est pas et ne sera jamais un animal personnel individualiste. Donc, pour vivre, il mettra toujours en place un système altruiste, et il sera altruiste, soit politiquement, soit religieusement soit socialement.

S'il s'en passe, ou si personne ne le veut, on revient à Hobbes : l'homme est naturellement méchant et ce sera la guerre des uns contre les autres.

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Guadeloupe

31/12/2014 à 16:26

ameli écrivait:
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> La simplification de M Ricard est religieuse, simpliste, voire caricaturale...
> et je n'apprécie que moyennement la noétique de Halevy. J'ai la désagréable
> sensation qu'il veut rationaliser la complexité du raisonnement humain, le
> ranger dans des cases qui s'entrecroisent, pour la stabiliser.

Tu n'as pas lu Halévy ni les scientifiques de la complexité pour dire qu'ils veulent rationaliser la complexité du raisonnement humain. Quelle offense tu fais à leur travaux. Ce que tu avances est tout à l'inverse de leur pensée justement.

Il ne s'agit absolument pas de privilégier un égoïsme individualiste mais de comprendre comment fonctionnent les sociétés, avec lucidité et non pas comme ça arrange les économistes et les politiques pour justifier leurs décisions à l'emporte pièce en faisant croire qu'ils contrôlent la situation.
L'altruisme n'existera jamais au delà de petits groupes, du moins dans le paradigme actuel qui ne tient plus que sur une demi patte, et encore. Il suffit de voir les stratégies des puissances actuelles et les réactions des politiques pour comprendre très vite que si on ne change pas notre vision du monde, la transition se fera de manière encore plus chaotique qu'elle ne se profile.

Il y a de l'altruisme entre groupes, clans, entre proches, familles, entre ceux qui ont des projets communs, mais dans ce cas, ça ne s'appelle plus tout à fait de l'altruisme. Voilà pourquoi on parle de sociétés en mosaïques.
Ce qui est certain, il faut tout revoir pour que les gens aient de nouveau envie de s'investir dans de grands projets. Pour le moment c'est tout l'inverse qui se produit, forcément.

Quant à Mathieu Ricard, sa simplification n'est pas religieuse, il est docteur en génétique cellulaire, et moine bouddhiste tibétain, mais tu as la fâcheuse tendance à mettre tous les moines dans le même sac.

Plaquessiv2_vovj6l

ameli

31/12/2014 à 20:44

Guadeloupe écrivait:
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> Tu n'as pas lu Halévy ni les scientifiques de la complexité pour dire qu'ils
> veulent rationaliser la complexité du raisonnement humain. Quelle offense tu
> fais à leur travaux. Ce que tu avances est tout à l'inverse de leur pensée
> justement.

Je n'offense pas... mais je critique gentiment. Je pense que tenter de résumer cette complexité est infaisable. Une simple analyse est interminable. Je trouve ça optimiste. Expliquer la complexité est suffisant, sans même entrer dans les détails, car même les détails sont complexes ! Rien qu'aborder cette complexité est déjà complexe !
D'accord, je suis incompétent dans ce domaine, mais qui peut se prétendre spécialiste de la complexité des raisonnements humains ? Dans quelques siècles, peut être, mais je ne crois pas que cette haute connaissance voit le jour !

> Il ne s'agit absolument pas de privilégier un égoïsme individualiste mais de
> comprendre comment fonctionnent les sociétés, avec lucidité et non pas comme ça
> arrange les économistes et les politiques pour justifier leurs décisions à
> l'emporte pièce en faisant croire qu'ils contrôlent la situation.

Nous sommes d'accord. Mais si l'individu n'est pas altruiste, il est forcément centré sur lui-même, donc égoïste. Il peut, s'il veut, tirer un avantage ou un bénéfice d'un don à l'autre, il donne mais rien ne l'y oblige : il est libre. Il donne s'il reçoit et il reçoit s'il donne. Il ne s'agit pas de privilégier ou de juger ou de condamner l'égoïsme, mais de constater : la liberté personnelle, quand elle est autocentrée peut conduire à la disparition de l'altruisme, donc à la misère de l'autre acceptée ou provoquée.
Autrement dit, l'existence de la société dépend de l'altruisme. S'il n'existe pas, c'est la guerre des uns contre les autres, pour survivre. Où est passée la liberté ?
Ce n'est pas une thèse que j'invente, c'est directement tiré des libéraux "utilitaristes" Bentham et Mill : égalité (donc dons et respects obligatoires), liberté et justice sont les moyens de lier la société, si la morale est respectée. L'individualisme doit exister, mais il doit rester altruiste !... et l'individualisme utilitariste doit respecter les vertus.
Le problème est que l'individualisme néolibéral ne les respecte pas, et que la recherche de l'intérêt privilégie l'intérêt, et sa morale est absente.

> L'altruisme n'existera jamais au delà de petits groupes, du moins dans le
> paradigme actuel qui ne tient plus que sur une demi patte, et encore.

C'est bien pourquoi je suis républicain ! car la division de la société en segments, et la domination d'un segment sur un autre segment crée la guerre des segments les uns contre les autres.
Le "bien public" s'adresse à tous les individus, tous, et non à un segment. Et le bien public redonne à tous les individus qui sont dans le besoin, et non à un segment.

> Il y a de l'altruisme entre groupes, clans, entre proches, familles, entre ceux
> qui ont des projets communs, mais dans ce cas, ça ne s'appelle plus tout à fait
> de l'altruisme. Voilà pourquoi on parle de sociétés en mosaïques.

Tu parles de mosaïques, je parle de segments. Ce sont des mots différents, mais la même pensée. La religion est un des segments. Le compte en banque aussi...
ça m'amuse. On fait semblant de se battre, mais nos points de vue sont proches, même si les conclusions ne sont pas les mêmes !

> Quant à Mathieu Ricard, sa simplification n'est pas religieuse, il est docteur
> en génétique cellulaire, et moine bouddhiste tibétain, mais tu as la fâcheuse
> tendance à mettre tous les moines dans le même sac.

Tu as raison. Les religieux ont un don : ils me gonflent. Tous ! j'ai une allergie. Dès que j'en sens un, je chauffe. C'est un handicap. Pour eux ou pour moi ?

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Licorne

31/12/2014 à 23:41

Les religieux ont un don : ils me gonflent. Tous ! j'ai une
> allergie. Dès que j'en sens un, je chauffe. C'est un handicap. Pour eux ou pour
> moi

C'est normal ....un peu comme Marianne et pourtant elle n'etait pas aussi virulente à mon egard sur ce sujet et même plutôt curieuse.
Tu as trop de certitudes et cela me met mal à l'aise.
Bravo pour ton niveau culturel.
Bonne année à toi et à Guady.

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jean 57

01/01/2015 à 02:05

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> Les religieux ont un don : ils me gonflent. Tous ! j'ai une
> > allergie. Dès que j'en sens un, je chauffe. C'est un handicap. Pour eux ou
> pour
> > moi
>

tu frises le délit de sage gueule

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Guadeloupe

01/01/2015 à 02:22

Licorne écrivait:
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> Bonne année à toi et à Guady.

Bonne année Grifix / Licorne. Marianne est toujours là quelque part.

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Guadeloupe

01/01/2015 à 02:34

ameli écrivait:
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> D'accord, je suis incompétent dans ce domaine, mais qui peut se prétendre
> spécialiste de la complexité des raisonnements humains ?

Comment peut-on critiquer ce que l'on admet ne pas connaître ? tu m'expliqueras.
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Synthèse :
le bien public que tu défends c'est le totalitarisme social qui voudrait que chaque individu ne soit qu'un instrument au service de la collectivité.
Le totalitarisme social c'est :
"l'étouffement des personnalités "hors du commun", l'arasement des différences, le nivellement par le bas, l'égalitarisme, les conformismes, la mort des créativités, les dépendances sociales, l'assistanat généralisé (fonds de commerce électoraux, même quand les Etats sont en faillite), le moralisme, la pensée unique, la "démocratie providentielle", le fonctionnarisme que même les fonctionnaires lucides et de talent condamnent.
Bref, une montagne de temps, d'argent, dénergie gaspillés, qui ne servent qu'à faire écran d'avec le réel.
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L'égoïsme est bien plus dans cet égoïsme collectif, généralisé que tu réclames. Tu es contre l'épanouissement de l'individuel, contre l'autonomie, alors que c'est la seule voie de sortie.
Bien sûr que le monde change et aujourd'hui l'individu a besoin de s'émanciper du carcan social, de se désaliéner, de se libérer. La solidarité est archaïque et monstrueuse lorsqu'elle est imposée par l'Etat ou la collectivité, par la force.
La solidarité n'a de sens que lorsqu'elle est vécue comme dépassement de soi, qu'elle fait sens dans nos actes, nos projets, nos aspirations, qu'elle nous élève et non pas l'inverse.
Notre époque est grégaire et égoïste, mais elle n'est pas encore individualiste. Elle doit le devenir

Quant à l'état qui achète la paix sociale en sacrifiant les forces vives, il a perdu toute sa légitimié et sa crédibilité. L’écart incommensurable entre les "élites" et ceux qu’ils sont censés représenter est aujourd'hui un verdict sans appel.
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Je ne parle pas de segments, je parle de sens, de convergence, de résonance. Les comptes en banques que tu évoques ne pourront jamais susciter des connivences ni des affinités entre personnes. A la rigueur, les comptes en banques des ultra riches qui ne fréquentent que les ultra riches ont des logiques similaires, acheter des Jets assortis à leur garde robe et des robinets en diamant ... pour épater celui qui n'a que des robinets en or :=) Mais cela n'a rien à voir avec les sociétés en mosaïque évoquées.

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Mettre les bouddhistes, surtout des personnages tels que Mathieu Ricard, dans la catégorie "les religieux" et sa connotation péjorative, c'est aussi réducteur que de mettre les individualistes dans la catégorie égoïstes, ou les écolos dans la catégorie écologistes, alors qu'ils n'y comprennent rien si ce n'est que l'écologie est un tremplin pour leur carrière politique.
Tu confonds spiritualité et religion alors qu'il peut y avoir de la spiritualité loin de toute appartenance religieuse. Inversement, il y a des curés qui n'ont aucune spiritualité.

Considérer Mathieu Ricard comme simpliste et dogmatique alors que que tu ne peux en juger, faute de savoir de quoi il parle et reconnaître être incompétent en la matière, là est le dogmatisme.
On peut tout aussi bien être allergique au totalitarisme antireligieux communiste et nazi du 20ème siècle que toi tu es allergique aux religieux sans distinction. Les dogmes peuvent être d'aussi redoutables instruments de propagande que les catéchismes.

Plaquessiv2_vovj6l

ameli

01/01/2015 à 14:15

Guadeloupe écrivait:
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> Comment peut-on critiquer ce que l'on admet ne pas connaître ? tu m'expliqueras.

Pour simplifier, je dirais qu'il me parait impossible de prétendre connaître ce qui est si complexe et infini que les connaisseurs le disent eux-mêmes. Je suis un peu plus modeste. Ils sont ambitieux, ils ont raison, et n'ont pas tort de poser le problème qui est juste, mais il est loin d'apporter une vérité, hélas.

> le bien public que tu défends c'est le totalitarisme social qui voudrait que
> chaque individu ne soit qu'un instrument au service de la collectivité.

Il n'y a pas de totalitarisme, il y a des choix qui ont existé, qui existeront, et qui changent. La séparation moeurs/politique est "constitutive" à la fois de la liberté individuelle et de la raison commune. Partout le public va dans le privé, il y a transgression de l'espace, dans tous les sens, car le privé va dans la politique.
La loi (donc le choix public, l'intérêt public) gère l'euthanasie, la contraception, l'homosexualité, l'avortement. Est-ce totalitaire ou est-ce une liberté de plus ?
L'état républicain gère les politiques hygiénistes, qui ont mis à mal la frontière public/privé, mais est-ce un mal ou un bien commun ? Pour moi, cet état s'immerge dans la société, il ne la gène pas, il la protège. Les décisions prises par l'état (la sécu) sont elles du domaine de la sécurité publique et conformes aux volontés des individus ?
Est ce la politique ou le respect du nouveau conformisme libéral et moral qui pousse aux mesures anti-tabac et anti-alcool ? Qui peut y répondre ? Est-ce social (la société) ou politique ?
La sphère privée et la sphère publique ne sont pas définitives, elles changent, sans que ça choque. On exige maintenant que le bien soit total et qu'il s'impose partout. On doit s'enfermer dans sa cave pour fumer... ? Les individus exigent, ils forcent, et l'état suit. Les individus, protecteurs de leur propre liberté, ne veulent pas de la liberté des autres...

> Bref, une montagne de temps, d'argent, dénergie gaspillés, qui ne servent qu'à
> faire écran d'avec le réel.

Je te rappelle la théorie de Mauss, qui est unanimement reconnue comme juste : donner, recevoir, rendre. Tout lien social fonctionne ainsi. Le don est agoniste : à chaque don correspond un contre-don qui le libère du don, et qui marie les deux.
Le réel correspond il à l'enjeu commun et démocratique, ou à l'enjeu personnel et au centrisme indifférencié ... qui cristallise les logiques ethniques, religieuses ou nationalistes ?

> L'égoïsme est bien plus dans cet égoïsme collectif, généralisé que tu réclames.
> Tu es contre l'épanouissement de l'individuel, contre l'autonomie, alors que
> c'est la seule voie de sortie.

Je suis pour les individualismes... mais j'ai conscience que nous ne sommes pas autonomes, et ne le serons jamais, car nous sommes dépendants et interdépendants, influencés par notre civilisation, notre culture, notre histoire, notre éducation qui sont communes. L'épanouissement individuel dépend, heureusement, du projet politique, du projet social, du projet commun : il agit sur le collectif, et le collectif agit sur l'individuel, car nous sommes des animaux qui ne peuvent pas vivre seuls. Nous fabriquons le collectif, et le collectif fabrique les individus.

> La solidarité est archaïque
> et monstrueuse lorsqu'elle est imposée par l'Etat ou la collectivité, par la
> force.

Elle est imposée par la loi, et par les élus et électeurs, par la démocratie. Chacun est libre, et peut quitter la nation s'il pense que la nation est irrespectueuse de ses idées. Refuser ce choix collectif, c'est un refus de la démocratie, et l'acceptation de la dictature personnelle de l'un sur les autres.
Mais que deviendrait la santé publique sans un choix collectif de la pratiquer et de l'imposer, et sans la sécu ? Que deviendraient les statistiques médicales sans la sécu obligatoire et financée par le collectif ?
Nous sommes d'accord sur le fait que la politique moderne est orientée vers la survie de l'individu, et ne cherche plus à enchanter ! Mais si elle est placée sous la "nécessité" elle cesse de mobiliser les désirs et les volontés, et d'appeler à l'altruisme, et d'établir une communauté. Sans la communauté, on est dans la guerre des uns contre les autres... Ce résumé n'est pas de moi : il est dans quasiment tous les bouquins d'analyse politique.

> Mettre les bouddhistes, surtout des personnages tels que Mathieu Ricard, dans la
> catégorie "les religieux" et sa connotation péjorative, c'est aussi réducteur
> que de mettre les individualistes dans la catégorie égoïstes,

Oui, tu as raison, je ne supporte pas les dogmes et je ne comprends pas la joie de celui qui reste dans une chapelle !
Par contre, je pense que tu te trompes sur le sens que tu donnes à l'égoïsme. Pour moi, ce n'est pas un défaut, c'est un constat d'individualisme, comme celui là écrit dans les premières lignes :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Égoïsme

> Tu confonds spiritualité et religion alors qu'il peut y avoir de la spiritualité
> loin de toute appartenance religieuse.

Oui !!! mais les religions enferment l'esprit et interdisent toute critique de l'esprit. Elles interdisent la liberté individuelle, imposent leurs pensées, et souvent leurs dogmes.
J'aime l'esprit libre. Pas l'esprit religieux, car l'esprit religieux n'est pas libre.

> Considérer Mathieu Ricard comme simpliste et dogmatique alors que que tu ne peux
> en juger, faute de savoir de quoi il parle et reconnaître être incompétent en la
> matière, là est le dogmatisme.

Oui, je mets toutes les pensées religieuses dans le même panier, et je les jette... mais je les connais de très près, car je les ai vécues. Je supporte certaines, lorsqu'elles sont un poil humanistes, mais c'est très rare. Dans l'islam, je supporte mieux les soufis que les sunnistes ou les chiites... parce que les soufis préfèrent la liberté et refusent l'imposition du dogme.

Plaquessiv2_vovj6l

ameli

01/01/2015 à 14:37

jean 57 écrivait:
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> tu frises le délit de sage gueule

C'est, hélas, un constat : je ne suis pas parfait, j'ai des défauts. Je le sais, je l'admets.
Eux sont parfaits. Mais n'admettent pas qu'ils pourraient ne pas l'être.

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Guadeloupe

01/01/2015 à 16:06

ameli écrivait:
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>> Pour simplifier, je dirais qu'il me parait impossible de prétendre connaître ce qui est si complexe et infini ...
Tu parles des sciences de la complexité comme s'il s'agissait d'une religion. Il ne s'agit pas de connaître ce qui est complexe ! Il s'agit de dépasser nos pensées réductionnistes et exclusivement cartésiennes (la science rationaliste faisait sourire d'ironie Einstein)

>> La loi (donc le choix public, l'intérêt public) ...
Déjà ton énoncé est faux. Le divorce entre politique et société civile est consommé.
Tu crois que c'est le choix des Français d'avoir un système d'imposition parmi les plus élevés et proportionnellement les plus inefficaces au monde ?

Tu crois que c'est leur choix de devoir fonctionner (dysfonctionner) avec ces complications artificielles et inopérantes ? On construit des usines à gaz ingérables, que l'on déconstruit deux ans après, parcequ'on réalise qu'elles sont inefficaces, mais ont coûté des fortunes à la collectivité.
Le constat est sans appel : lorsqu'un processus s'installe durablement dans une logique délétère, il n'y a que deux issues possibles : ou bien il bifurque ou bien il meurt.

>> Je te rappelle la théorie de Mauss, qui est unanimement reconnue comme juste : donner, recevoir, rendre.
Quand tu comprendras que les réponses toutes faites ne peuvent plus fonctionner dans un monde complexe, le pays sera déjà enseveli sous les cendres d'une tonne d'ypothèses farfelues qui voulaient sauver le dogme de l'intérêt pulic par la force (vision Marxiste)

>> L'épanouissement individuel dépend, heureusement, du projet politique, du projet social, du projet commun.

Non, l'épanouissement individuel dépend de soi, et sa propre capacité à se réaliser en toute indépendance, plutôt que de céder à la facilité et la paresse : se laisser porter par la société et par les autres, par le système.
Ce qui n'exclut aucunement sa reliance aux autres et au monde, bien au contraire. Il faut réussir à être en phase avec son milieu, mais de manière noble, cohérente, sincère et authentique et non pas se laisser réduire à l'état d'esclave consentant, sous la pression et les artifices qui génèrent des cohortes de zombies et de maladies mentales.

> Sans la communauté, on est dans la guerre des uns contre les autres...
Oui, mais des communautés choisies, désirées, harmonieuses et fécondes et non pas des communautés artificielles décidées aritrairement par les politiques, et pressurisées par l'Etat qui fait régner la peur du gendarme ou du voleur, mais jamais l'harmonie.
L'interdépendance n'a absolument rien à voir avec le projet politique !
De toutes façons il n' a plus de dialogue avec ceux censés représenter le peuple, il n'y a plus que des promesses intenables et des discours comiques ou dramatiques selon les jours, mais toujours vides de sens. Quand il ne reste plus qu'un pouvoir de nuisance pour diriger un pays, la chaos n'est pas loin.

L'Etat ne doit pas être placé au centre de tout le dispositif sociétal car il est trop lent, trop hiérarchique, et il se pourrit de l'intérieur avec sa médiocratie démagogique qui s'essouffle après avoir éreinté le pays.
Les vraies grandes décisions sont prises ailleurs, au plan international, mondial et local. On passe du modèle hiérarchique et pyramidal à la mosaïque réticulée et une complexification des sociétés.

>> Oui, tu as raison, je ne supporte pas les dogmes et je ne comprends pas la joie de celui qui reste dans une chapelle !
Et si tu commençais par quitter la tienne de chapelle dogmatique ? Si en plus, tu dis n'avoir aucune chapelle à défendre, pourquoi te mettre ces fers aux pieds ?

Pour conclure, à propos de la complexité :
"Ce monde de la complexité qui est désormais le nôtre, est porteur d'immenses opportunités de développement et d'épanouissement, mais seulement pour ceux qui comprendront qu'il y a une page à tourner et que le bonheur de chaque homme ne dépend que de lui et de sa force intérieure".

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mark

01/01/2015 à 19:25

Les pseudos intellos à la mie de pain et autres Cassandre à oeillères me gonflent.
Pour 2015 je leur souhaite meilleure vue.

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Guadeloupe

01/01/2015 à 19:31

mark écrivait:
--------------
> Les pseudos intellos à la mie de pain et autres Cassandre à oeillères me
> gonflent.
> Pour 2015 je leur souhaite meilleure vue.

Idem pour les oeillères et pour la meilleure vue 2015

Licorne_022_jwzwj4

Licorne

01/01/2015 à 21:49

J'aime guady parcequ'elle est intervenue le lendemain de la mort de Marianne pour me redonner du courage et qu'elle a de l'empathie pour son prochain.
J'aime ameli pour l'aide qu'il a donné à Marianne quand elle était malade et que c'etait son choix de s' adresser à lui dans les pires moments de sa vie.
J'ai du mal à suivre svt leur conversation mais rien n'empêche qu'ils confrontent leurs idées sur ce fil.
Parceque je les estime beaucoup tous deux et qu'ils ont été à l'ecoute de Marianne quand je n'etais pas là suite à une TS, j'ai bien du mal à lire les critiques de mark.
Fred

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Guadeloupe

02/01/2015 à 15:13

Licorne écrivait:
-----------------

> ... j'ai bien du mal à lire les
> critiques de mark.
> Fred

Merci d'avoir décrispé la donne ;=)
Mark s'est essayé à la philosophie dans de nombreux sujets de ce forum, mais si les participants ne sont pas socialistes (on se demande bien ce que ça veut dire aujourd'hui) ou ne vont pas dans son sens, ce sont des hérétiques etc. et le débat tourne court.
Et Fred, tu sais ce que j'en pense :
"C'est par le "conflit" que le monde progresse, mais seulement si la tension nourrit et favorise l'émergence de l'inédit (lorsque l'intelligence constructive prend le dessus sur la bêtise destructive et ses attracteurs négatifs.)".
A chacun de s'améliorer et dompter son ego, peu importe de quel bord politique.
Ceci dit, pour rejoindre Améli, je n'ai aucune chapelle à défendre, ni aucune promesse de strapontin si je fais bien mon devoir de citoyen obéissant et soumis.

Plaquessiv2_vovj6l

ameli

03/01/2015 à 03:41

Guadeloupe écrivait:
--------------------
> >> La loi (donc le choix public, l'intérêt public) ...
> Déjà ton énoncé est faux. Le divorce entre politique et société civile est
> consommé.

Oui, et non ! Est-ce un divorce ou une volonté ?
Dans les bouquins de sociologie politique, on le dit, suite à l'invention du libéralisme (politique, sociologique, économique) :
Pour diriger un état démocratique, il y a deux clans, la société civile et le corps politique.
Dans notre république, le corps politique a le pouvoir, mais la société civile le contrôle. La société civile est composée des individus libres, les citoyens. Donc, le corps politique change régulièrement et suit la volonté des citoyens, indépendants les uns des autres.
Dans une démocratie libérale, c'est la société civile qui donne les ordres directement au corps politique. Dans ce cas la société civile est fragmentée en segments, composée des sommes des individus aux intérêts similaires. Il y a les segments ethniques, religieux, régionalistes, homos, affairistes, financiers, commerciaux, écolos, etc. Ce sont les intérêts puissants qui décident aujourd'hui, et non les individus ou les citoyens. La segmentation est devenue un principe de gouvernement.
... notre république change de sens ! elle se transforme en démocratie libérale, avec un libéralisme composé de segments où les individus puissants s'allient et dictent. Il n'y a plus des individus, mais des clans partisans.
A mon sens, ce n'est pas un divorce, c'est un choix. Je préfère quand les citoyens dictent leurs volontés aux politiques, et non quand certains segments puissants s'imposent à tous les segments et donnent leurs ordres.

> Tu crois que c'est le choix des Français d'avoir un système d'imposition parmi
> les plus élevés et proportionnellement les plus inefficaces au monde ?

C'est un choix qui a été fait par les électeurs. Quand on a beaucoup d'exigences, on a beaucoup de dépenses. Or, on a beaucoup d'exigences ! Tu t'étonnes ?
Quant à l'inefficacité, elle se discute. Les avis divergent, et ne se limitent pas au champ économique. L'objectif est de suivre la volonté des électeurs. Est elle suivie ?
Tu changes une règle, tu peux entraîner une révolte, tout en économisant les dépenses. La sécu sort le dentaire de son champ pour économiser un fifrelin, et les dentistes, pourtant économes et libéraux, se font malmener autant que les patients. Et ça râle ! Bientôt ils vont voter communistes pour défendre les soins, et ne pas se faire diriger par le segment des financiers-assureurs ?
Pour résumer, tout parait simple, mais ce ne l'est pas. Je continue à souhaiter que la volonté populaire doit décider.

> Non, l'épanouissement individuel dépend de soi, et sa propre capacité à se
> réaliser en toute indépendance,

Ce n'est pas du tout mon avis. Elle dépend de nous-même, oui, mais pas seulement. Nos individus se forment par des liens sociaux, intellectuels. Ils dépendent de notre civilisation, de notre histoire, souvent de la religion, de l'école, de l'éducation, de la culture, etc.
Nous ne serons jamais vraiment indépendants. Nous y rêvons...

> > Sans la communauté, on est dans la guerre des uns contre les autres...
> Oui, mais des communautés choisies, désirées, harmonieuses et fécondes et non
> pas des communautés artificielles décidées aritrairement par les politiques,

Hélas, tu as tort... Ce sont des volontés de chacun, liées, et des volontés politiques qui cèdent aux pressions venant des groupes, des lobbies, des segments ! ... et jamais on ne passe aux votes. Les puissants, les influents, décident. Et la politique fait semblant...
C'est patent dans la démocratie libérale.

> De toutes façons il n' a plus de dialogue avec ceux censés représenter le
> peuple, il n'y a plus que des promesses intenables et des discours comiques ou
> dramatiques selon les jours, mais toujours vides de sens. Quand il ne reste plus
> qu'un pouvoir de nuisance pour diriger un pays, la chaos n'est pas loin.

Attention, tu changes de camp ! Ton discours rejoint le mien, tu deviens républicaine, tu veux que les citoyens dirigent la politique, et que les segments, les clans, les sondages, les médias, les volontés particulières de certains n'influencent rien. Tu souhaiterais que l'état défende l'intérêt commun et non quelques intérêts privés au détriment des autres ; ce serait la suite logique de ton propos !

> Les vraies grandes décisions sont prises ailleurs, au plan international,
> mondial et local. On passe du modèle hiérarchique et pyramidal à la mosaïque
> réticulée et une complexification des sociétés.

C'est juste. Qui a mis ce système en place ? Pourquoi faire ça ainsi ? Quel est l'objectif ?
Devine qui n'aime pas la démocratie vraie ?

que le bonheur de chaque homme ne
> dépend que de lui et de sa force intérieure".

Hélas non. Sans les autres hommes, on serait morts... Ton activité professionnelle dépend du contentement de tes patients et de leur couverture sociale, et de ton attitude envers eux. Ta force intérieure existe, elle est incontestable, mais elle n'est pas seule au monde.

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wakrap

03/01/2015 à 13:04

Ouaip, deux pages déjà, et je ne sais toujours pas de quoi on parle. Définition de l'altruisme? Pour ma part, je n'en connais qu'une, celui qui considère que l'autre est plus important que lui. Et c'est nul comme comportement.
Sinon, pour le texte d'intro, bah, les ressources sont de plus en plus importantes, et croissent avec le savoir humain, car une ressource n'est une ressource que par le fruit du génie humain, qui se développe, inventant de nouvelles ressources et demultipliant les possibilités de celles déjà en usage, avant de les rendre à leur inutilité comme le silex.

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chicot29

03/01/2015 à 14:34

Pour 2015 ? Plus de socialisme On tient le bon bout ca va aller. -)))

Quelques citations :

"Le socialisme ne fonctionne qu'au paradis, où l'on peut s'en passer, et en enfer, où on l'a vraiment."

"La seule chose que le socialisme ait jamais faite pour les pauvres est leur donner beaucoup de compagnie."

"Les socialistes ont eu tort de venir au pouvoir. Ils auraient dû faire comme Dieu : ne jamais se montrer pour qu'on continue à y croire."

"Le socialisme a toujours été une idéologie confortable, car elle crée l'illusion que l'être humain n'a pas besoin d'assumer la responsabilité de ses propres actes, voire de sa propre existence."

"Le socialisme échoue toujours, quelles que soient les formes qu’il prend, communisme ou social-démocratie, parce que la création de richesses ne se décrète pas, parce qu’elle n’est pas le résultat des stimuli des dépenses publiques, qui ne permettent que de faire plaisir à sa clientèle électorale, parce que seule la liberté économique permet la prospérité."

"Si je comprenais quelque chose en économie, je ne serais pas socialiste !"

"Il n’y a pas de différence entre communisme et socialisme, si ce n'est dans la façon d’atteindre le même but ultime : le communisme propose l'esclavage par la force, le socialisme par le vote. La différence est la même qu’entre le meurtre et le suicide."

"Je n'ai jamais oublié que l'objectif inavoué du socialisme - municipal ou national - était d'accroître la dépendance. La pauvreté n'était pas seulement le sol nourricier du socialisme : elle en était l'effet délibérément recherché"

Celles là c'est spécial dédicace pour Améli : -)))))

"On ne peut être à la fois intelligent, socialiste et de bonne foi.

"Le socialisme est cette idée bizarre selon laquelle les hommes, incapables de se gouverner eux mêmes, seraient tout à coup capables de gouverner les autres en devenant hommes d’État." ( ou bossant dans les ARS)

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Guadeloupe

03/01/2015 à 16:36

ameli écrivait:
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> C'est un choix qui a été fait par les électeurs. Quand on a beaucoup
> d'exigences, on a beaucoup de dépenses. Or, on a beaucoup d'exigences !

Améli, pourquoi ton raisonnement ne tient pas ? Parceque le citoyen dans sa grosse majorité est lobotomisé par la désinformation.
Quand le pouvoir détient tous les médias mainstream je ne vois pas du tout où est la liberté des individus. Toute la réalité est masquée par des flots d'effets d'annonces tous plus farfelus et vides de sens les uns que les autres, par plein de sondages bidons, par le nouveau toutou du président, par le panaris de la fille du neveu du cousin de la première maîtresse du ministre qui lui même couchait avec la femme du meilleur ami du président qui elle-même avait un canari qui est mort en mangeant des graines non OGM...

Ainsi, quand tu réponds que c'est un choix qui a été fait par les électeurs que d'avoir un système d'imposition parmi les plus élevés et proportionnellement les plus inefficaces au monde, tu devrais comprendre où est le sophisme

Quant à l'autonomie, elle déplaît tellement à ceux qui nous dirigent pour les mêmes raisons. Imagine que par un coup de baguette magique les citoyens lambdas se réveillent et se disent "tiens, mais pourquoi autant d'entreprises sont en faillite, pourquoi il y a de plus en plus de chômeurs alors que ceux pour qui on vote nous demandent toujours plus d'argent pour plus d'égalité et de fraternité, mais que eux vivent comme au temps du roi Soleil ?

Rien que pour tout en haut de la pyramide, un comparatif envoyé par une amie franco-allemande qui n'a rien à voir avec un match de foot France / Allemagne mais qui montre les gabegies pour si peu d'efficacité :

FRANCE
Gouvernement : 1 Président de la République, 1 Premier Ministre, 25 Ministres, 9 Secrétaires d'état
Coût d'un minsitre : 17 millions d'Euros par an
Le soir après le "boulot" : A Paris, le 1er Ministre se détend dans son logis de fonction(310m²) à Matignon tandis que ses collègues regagnent en limousine les hôtels particuliers que la République met généreusement à leur disposition
Personnel : 906 personnes travaillent à la Présidence de la République
Parc auto : Élysée : 121 véhicules
Déplacements : 1 Airbus A330-200, 2 Falcon 7X, 2 Falcon 900, 2 Falcon 50, et 3 Hélicoptères Super Puma

ALLEMAGNE
Gouvernement : 1 Chancelier(e), 8 ministres, TOTAL : 9
Coût d'un minsitre : 3 millions d'Euros par an
Le soir après le "boulot" : Angela MERCKEL rentre dans son appartement, dont elle paie le loyer, les factures d'eau et d'électricité. Comme chacun de ses 8 ministres.
Personnel : A peu près 300 personnes en Allemagne
Parc auto : Chancellerie : 37 véhicules
Déplacements : Systématiquement en train ou sur des lignes aériennes régulières

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Te rends tu compte à quel point tu mets tout dans des cases étanches ? Le simple fait que je dise "il n'y a plus de dialogue avec ceux censés représenter le peuple" pour toi, cela signifie être républicain et donc,d'accord avec toi. Quelle pirouette bien démago !

Toi qui es contre les sciences de la complexité sans rien y connaître, tu y apprendrais déjà que aujourd'hui, dans ce monde complexe tel que le nôtre, on ne raisonne plus avec "ou" "ou", mais avec "et" "et".
On peut très bien affirmer que ceux censés gouverner le pays sont totalement déconnectés de la réalité et du peuple, et par ailleurs n'en avoir rien à faire de sauver la République et ses élites démagogiques.

Enfin, et plus besoin d'y revenir, autonomie ne signifie par vivre comme un reclus au fond d'une grotte sans les autres et éclairé à la bougie.
Autonomie cela signifie redevenir responsable, ne plus attendre que l'Etat règle tous nos problèmes, ce qui est déjà une belle illusion vu qu'il n'arrive même pas à se sauver lui-même autrement qu'en saignant le pays à blanc.
Etre autonome, cela signifie que chacun doit reprendre le contrôle de sa vie, que l'Etat arrête de se mêler de tout alors qu'il n'y comprend rien.
Que les talents de chacun puissent à nouveau s'épanouir loin de ces armadas de sous chefs du Politburo à qui l'on demande de laisser travailler les potentiels et les talents en bonne intelligence au lieu de ne songer qu'à les ponctionner dès qu'ils gagnent trois sous de plus.

Que les scientifiques de talent ne soient pas obligés de se prostituer pour faire avancer la recherche, au risque d'être censurés (aller dans le sens du vent, être frileux, ne pas innover si cela dérange l'intelligentsia en place et les intellos de salon, être bannis s'ils sont trop brillants etc etc.)
Quand on sait que la Chine paye ses chercheurs cent fois mieux qu'en France et qu'elle possède aujourd'hui les meilleures écoles d'ingénieurs et le plus de centres de recherche du monde, on se rend compte que notre pays est en train de s'enliser à cause de cette bureaucratie et ses élites qui refusent de voir que le monde change. Tout ça pour préserver des privilèges, avec une vision court termiste parasitaire et suicidaire.

En résumé, et déjà exprimé ailleurs :
"Problématique démocratique :
Le problème n'est plus idéologique, mais logistique, un simple problème technique d'efficience optimale : des infrastructures matérielles et monétaires, et des lois maintenant la paix entre les communautés... et rien d'autre !
Le but de la politique n'est pas de faire le bonheur de la société.
Le but de la politique est de mettre en place les meilleures conditions pour que les diverses communautés de vie constituant cette société, puissent y bâtir librement leur bonheur propre, comme elles l'entendent. La fonction centrale de la politique est donc logistique, et rien d'autre : le bonheur de la société n'est pas son problème. "
"Il faut rendre le pouvoir à ceux qui le méritent, à ces minorités actives qui portent de vrais projets collectifs, à ceux qui génèrent vraiment la prospérité collective, à ceux qui comprennent vraiment les enjeux et défis du monde d'aujourd'hui. Tant pis pour les égoïstes et les parasites."

Plaquessiv2_vovj6l

ameli

04/01/2015 à 17:09

Guadeloupe écrivait:
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> Améli, pourquoi ton raisonnement ne tient pas ? Parceque le citoyen dans sa
> grosse majorité est lobotomisé par la désinformation.

Je te suggère de vérifier que j'ai raison !
Ce n'est pas de la désinformation, c'est ce que les sociologues et politologues analysent en "démocratie d'opinion". L'opinion, donc le futur rare vote, est fabriquée par les médias, télés, presses, cancans, films, bouquins de gare, rumeurs, scandales inventés, tout ce qui est facile à vendre, même n'importe quoi. L'objectif n'est pas de fabriquer, il est de vendre.
La politique la subit, et parfois l'utilise et la fabrique. Qui sont les vendeurs, les fabricateurs de l'opinion... dont les conséquences seront les votes ?
http://cache.media.eduscol.education.fr/file/lycee/75/9/LyceeGT_Ressources_ECJS_1_03_OpinionPub_182759.pdf
Notre république est devenue une démocratie libérale, fondée sur la démocratie d'opinion. Cette naissance est récente, mais au temps de la république, les lois sociales étaient pensées, travaillées, voulues, volontaires, votées... elles n'avaient pas la même portée, mais maintenant, on suit l'opinion, irréfléchie, tendancieuse, individualiste et fabriquée pour vendre. L'acheteur est satisfait, en ne comprenant pas la moitié de ce qu'il achète.
La culture générale, le sens critique analytique ont disparu. Ils ne sont plus à la mode. Ils ne servent plus à rien, ne sont pas efficaces pour trouver le bonheur. C'est un fait social fondé sur un individualisme qui est devenu une caricature.
Stupéfaction, dans une grande université américaine, en master ((3è année) d'histoire, un sondage au niveau des étudiants a montré que un gros tiers pensait que l'Afghanistan était en Afrique... A quoi ça sert de le savoir ? (ma fille a fait ce test, et était scandalisée par une telle méconnaissance basique à ce niveau, qui regroupait aussi l'Allemagne et l'Islande dans le même pays, et cataloguait la France en pays communiste pro-russe)
Les menfoutistes achètent n'importe quoi sans avoir besoin de réfléchir. Pourquoi les faire réfléchir, ça limiterait les achats ! Pourquoi apporter une culture ? L'objectif est le commerce, pas la réflexion.
C'est ainsi que le voient les analystes politologues et sociologues...

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Guadeloupe

04/01/2015 à 18:21

ameli écrivait:
---------------
>
> ... La politique la subit, et parfois l'utilise et la fabrique. Qui sont les
> vendeurs, les fabricateurs de l'opinion... dont les conséquences seront les
> votes ?

Et bien tu fais la démonstration toi-même : ni l'état ni les marchés ne sont plus capables de réguler quoi que ce soit.

A l'ère de Machiavel, Internet n'existait pas, et quand ils citent cette phrase dans ton article du Ministère de l'Education Nationale "C'est du peuple qu'il importe de mériter l'affection, car il est le plus fort et le plus puissant" ce même Machiavel n'hésitait pas à dire qu'il fallait faire la guerre de temps en temps, juste pour montrer que le Prince était le plus fort ... et pour que le peuple craigne son pouvoir.
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Dernier exemple en date du déphasage total de nos "élites". Tu crois que les profs qui ont encore la vocation et qui aiment leur métier sont d'accord avec cette réforme qui fait grincer des dents beaucoup de citoyens (et d'enseignants) : "au nom de l'égalité pour tous, on ne doit plus mettre de notes, pour ne pas complexer les cancres".

La réalité est beaucoup plus terre à terre que ton article : le système est devenu chaotique (instable) et les Etats sont incapables de répondre adéquatement aux événements. Alors les clans au pouvoir font semblant de gouverner mais en réalité ils ne sont là plus que pour faire semblant et pour asseoir leur carrière politique. Leur objectif ? être réélu.
Nos systèmes sociaux son complètement dénaturés mais plutôt que de l'admettre ils masquent leur impuissance en infantilisant la collectivité : assistanats, hiérarchies, déresponsabilisations, réglementations, etc.

Et pendant ce temps, le pays s'enlise de plus en plus dans la médiocrité de ces marécages sans fond et tout le monde s'appauvrit, et pas juste en termes de richesses matérielles. Je crois même que les gens seraient, ou du moins, étaient capables de faire des efforts du côté de leur porte monnaie si on ne leur mentait pas depuis des années, si c'était réellement pour un projet commun de mieux vivre ensemble. Mais que fait l'état ? ...

J'ai trouvé très juste cette phrase d'une étudiante : "Il n'y a plus rien à faire dans les allées du pouvoir. Il faut des actions et non plus des institutions du vieux monde"

Plaquessiv2_vovj6l

ameli

07/01/2015 à 14:49

Guadeloupe écrivait:
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> Et bien tu fais la démonstration toi-même : ni l'état ni les marchés ne sont
> plus capables de réguler quoi que ce soit.
> La réalité est beaucoup plus terre à terre que ton article : le système est
> devenu chaotique (instable) et les Etats sont incapables de répondre
> adéquatement aux événements.

Ne t'en fais pas pour moi ! ... et maintenant, va plus loin.
Tu relies cette démocratie d'opinion aux différents segments, et en particulier aux segments dominateurs, les segments économiques, qui influent le monde politique. Toutes ces études ont été faites et démontrées, tant par les sociologues et politologues Américains que par les Allemands et les Français.
Les opinons sont dues aux individualismes, mais mises en place par le monde économique, vendeur de l'opinion, et utilisées par les segments dominants pour l'imposer au monde politique. Le roi apparent, c'est l'individu dégagé qui flotte au gré des sollicitations sondagières, et non le citoyen engagé et volontaire. Comment les modifications futures du secteur dentaire se sont elles mises en place ? Par qui, et comment ? Qui va y gagner ?
Le but n'est pas l'idée, le programme, le futur, le projet social, le service rendu. Le but est dans la satisfaction immédiate de l'opinion, dans le gain qu'en tirent les segments dominateurs, et non dans la crédibilité, dans la sagesse, ou dans la faisabilité de l'opinion.

Je te rejoins sur un point. Il n'y a plus de dessein collectif de la société. La liberté que nous voulons donne le pouvoir à l'ignorance des conséquences, et surtout des conditions possibles à la réalisation de la volonté de faire. L'Etat, le monde politique, la sphère publique voient se déliter la puissance associée à l'affirmation de la liberté individuelle... et disparaitre les fruits du travail fourni.
Je peux te donner quelques titres de bouquins connus qui traitent de ce sujet de façon incontestable, d'auteurs connus et internationaux, ... mais on n'en parle jamais car ils ne font pas plaisir. "L'état est devenu la proie des intérêts avides" (Carl Schmitt, pourtant parfois pénible dans ses idées, mais reconnu comme étant un fin malin)
Je te conclus ce mot : la régulation existe, elle est mise en place... par le segment dominateur qui façonne l'opinion nécessaire. Il utilise la liberté, pour imposer la liberté qui l'arrange, celle de l'acheteur, et non celle du citoyen.

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Guadeloupe

07/01/2015 à 17:29

ameli écrivait:
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> Je te conclus ce mot : la régulation existe, elle est mise en place... par le
> segment dominateur qui façonne l'opinion nécessaire.

Si tu appelles ça une régulation, on ne parle pas le même language ! Tu confonds régulation et domination.
Tous ces économistes disent ce qu'ils veulent, aucun n'avait vu venir le tsunami des subprimes. Le seul qui essayait d'alerter tous ces grands penseurs sur le dysfonctionnement du système a été viré et qualiflié d'illuminé. Ce n'était pas un économiste.
Ils sont dépassés par les événements parceque le monde a changé, mais si peu sont capables de se remettre en question;
Ils continuent d'utiliser des termes qui n'ont plus de sens dans le réel d'aujourd'hui.

L'attentat qui s'est passé aujourd'hui a sidéré la France entière, sans parler de la destruction psychique des familles des défunts innocents qui s'en suivra.
La déstabilisation est partout et l'Etat s'agite, mais on sait tous qu'il est impuissant aussi dans ce domaine.
Chacun va trouver son bouc émissaire, les haines vont être attisées, on va voir toutes sortes d'amalgames faciles pour soulager les tensions, mais rien ne sera réglé.

Toutes tes théories n'ont absolument aucun poids face à l'escalade du ressentiment, de la haine et de la violence. Je ne sais plus de qui est cette métaphore : c'est comme accuser un lion d'être égoïste parcequ'il ne mange pas de l'herbe.

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Guadeloupe

09/01/2015 à 22:30

mark écrivait:
--------------
> Les pseudos intellos à la mie de pain et autres Cassandre à oeillères me
> gonflent.
> Pour 2015 je leur souhaite meilleure vue.

C'était à quelques jours des attentats....
Un peu d'humilité ne ferait de mal à personne.
-----
"Nos sociétés vivent les conséquences du vide laissé par leur nihilisme... Il y a un vide abyssal dans la conscience collective. Comment faire croire à un minable de dernière catégorie qu'il peut devenir un héros en trois coups de kalachnikov ? Rien n'est plus simple lorsqu'alentour, il n'y a plus que du mou, du lénifiant, du bobo, du droit-de-l'hommiste, de l'humaniste gnangnan.
L'islamisme (je ne parle pas, ici, de la tradition spirituelle islamique et soufie) est un cancer. La maladie n'est pas la faute du microbe ; elle est la faute de l'organisme trop faible.

Nos sociétés occidentales - et bien d'autres avec elles - vivent une "ère du vide"
C'est l'absence d'un nouveau paradigme porteur et fort qui permet - voire appelle - des paradigmes délétères et barbares, venus des bas-fonds de l'humanité."

Pas besoin de citer les sources.
Il est un des rares scientifique philosophe courageux, concret, à avoir une pensée systémique, au lieu de se borner à étudier son nombril et le micro-périmètre où s'est produit le désastre.

Et utile de rajouter cette réflexion lue ailleurs, et que partagent de nombreux français, pour éviter la récupération facile que l'on voit déjà un peu partout :

"Il faut évidemment dire que les cinq millions de Français musulmans sont chez eux en France. Ils ne doivent d'ailleurs pas se sentir attaqués lorsqu'on attend d'eux une réaction significative après des événements aussi sombres : cette demande à leur égard est légitime et c'est leur rôle que de l'honorer. "

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Guadeloupe

18/01/2015 à 16:31

J'ai reçu un mail qui fait une excellente synthèse de la situation.
Je l'ai résumé pour le rendre plus facile à lire.
"Interview de Guillaume de Prémare"

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NOUS SOMMES GUIDES PAR DES IRRESPONSABLES, DES AVEUGLES QUI GUIDENT DES AVEUGLES
Il est temps d’ouvrir les yeux.
Les terroristes cherchent à faire pression sur la France par rapport à ses engagements militaires à travers le monde. Ils poursuivent plus largement un objectif de conquête politico-religieuse à l’échelle mondiale

Que pouvons-nous faire ?
Tout d’abord mener la guerre sans faiblesse sur le sol même de France contre les terroristes, avec nos services spécialisés et nos moyens policiers.

Ensuite, il faut contrer l’adversaire sur les points-clés de sa stratégie : éviter la psychose et garder calme et sang-froid, éviter autant que possible les attitudes agressives et hostiles envers les musulmans, les représailles. Il y en a eu, pour le moment légères.

Ils cherchent à utiliser la religion pour gagner la confiance des jeunes musulmans
Ils misent sur l’aspect très communautaire de la religion musulmane.
les islamistes pourraient recruter de jeunes musulmans sur un terreau de plus en plus favorable et évoluer, dans les quartiers musulmans, en terrain ami.
C’est leur projet, même si l'on ne peut affirmer qu'ils vont réussir.
La communauté musulmane se sentant en terrain hostile, se communautariserait toujours davantage et serait mûre pour d’abord éprouver de la sympathie pour le djihadisme, ensuite leur apporter un soutien.

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DECOMPOSITION CULTURELLE :

Nous devons entrer dans la lutte d’influence sur l’opinion musulmane, essayer de nous gagner l’opinion musulmane avant que les islamistes ne la gagnent.
Nous devons stopper notre décomposition culturelle et redécouvrir ce que nous sommes vraiment (La France c’est autre chose que Charlie)

Luz, un dessinateur de Charlie, a expliqué dans les Inrockuptibles que cette charge symbolique que l’on met sur Charlie Hebdo était à côté de la plaque.

En attaquant Charlie Hebdo, les terroristes islamistes provoquent une sympathie généralisée pour Charlie Hebdo dans l’opinion publique française. Charlie devient le symbole de la France et la décomposition culturelle s’accélère : la France c’est Charlie et Charlie c’est la France.
Ce qui est une régression culturelle.

D’une certaine manière, nous n’avons pas affirmé ce que nous sommes vraiment… En effet, nous avons affirmé l’inverse de ce que nous sommes.

Les musulmans n’ont pas besoin d’être islamistes pour détester Charlie Hebdo.
Plus la société française est vide de sens et en faillite éducative, plus la fracture culturelle grandit avec les musulmans. Ce n’est pas le "choc des cultures", mais le "choc des incultures"

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POURQUOI CHALIE HEBDO?

C’est ce que l’on nomme la guerre psychologique. Il y deux choses : le choix de la cible et les moyens employés.
Les moyens visent à provoquer l’état de choc : l’utilisation d’armes de guerre, l’exécution froide des journalistes de Charlie Hebdo, et celle bien sûr d’un policier achevé à terre.
C’est le complément idéal de l’état de choc mondial volontairement créé par la diffusion de vidéos des horreurs commises au Proche-Orient par l’Etat islamique.
Il faut que ça fasse barbare. Plus nous les voyons comme barbares, mieux ils se portent

Aujourd’hui, l’islam radical s’appuie principalement sur des musulmans qui vivent en France, et sont même de nationalité française.
Les jeunes sont radicalisés en France, font leurs armes à l’étranger puis reviennent en France pour combattre.
C’est un élément-clé de la stratégie terroriste en France : mener une guerre de l’intérieur qui s’appuie sur des troupes déjà sur le sol français

Il nous faut impérativement éviter les délires identitaires agressifs.
Leur stratégie est de semer le chaos, de provoquer un état de choc global de notre société, pour créer une fracture irrémédiable entre les musulmans français et le reste de la population.
Ils commettent donc des attentats pour faire grimper à son paroxysme la peur de l’islam et l’hostilité envers l’islam, jusqu’à la psychose, à un point tel que les musulmans ressentent cette hostilité, y compris, si possible, en raison de représailles contre la communauté musulmane.

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HYSTERIE ET MARCHE REPUBLICAINE
Au départ, il y a une excellente intention : dire sa compassion envers des victimes d’un assassinat terrible et inacceptable, dire son refus de la violence et du terrorisme.
Mais le slogan « Je suis Charlie » est venu donner à ce bel élan un contenu hystérique à contre-emploi : la France c’est Charlie et Charlie c’est la France

La marche, ce bel élan populaire de citoyens qui ont besoin de se rassembler pour dire leur refus du terrorisme et rendre hommage à nos morts.
Cet élan a été récupéré par une caste politico-médiatique décrédibilisée qui y a vu l’occasion de se refaire la cerise sur l’affaire Charlie Hebdo. En état de choc, on fait n’importe quoi, on est manipulable, le cerveau sur-sensibilisé jusqu’à l’hystérie est disponible à la manipulation.

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CASTE POLITICO-MEDIATIQUE
La broyeuse médiatique est passée par là et la France a défilé avec comme slogan "Je suis Charlie"
En gros, la caste politico-médiatique est parvenue à donner l’image d’un peuple réuni autour des valeurs, non pas de la France, mais des valeurs vides de sens de leur caste: ce que la propagande politique et télévisuelle a nommé « nos valeurs », « notre modèle », « notre mode de vie ».

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MARCHE BLANCHE
Il aurait peut-être fallu faire une marche blanche, sans slogans ni pancartes, une marche citoyenne, de société civile.
Une marche avec pour seul contenu le refus du terrorisme et l’hommage rendu aux victimes. Nous aurions alors gagné une bataille psychologique.
Or, dimanche, nous avons perdu une bataille culturelle et psychologique.