"la crise financière pour les nuls" : les Picolobligations

Forum associé : Eugénologie

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Guadeloupe

16/09/2014 à 14:32

"Picole aujourd’hui, paie plus tard"
http://www.noetique.eu/articles/prospective-eco-management/explication-crise-financiere/
Marcel est propriétaire d’un bistrot. Il réalise soudain que tous ses clients sont des alcolos qui n’ont pas de boulot et ne peuvent donc plus fréquenter son comptoir, car ils ont vite dilapidé leur RSA (revenu de solidarité active).
Il imagine alors un plan marketing génial : « Picole aujourd’hui, paie plus tard ».

Il tient rigoureusement à jour son ardoise de crédits, ce qui équivaut donc à consentir un prêt à ses clients.
Chiffre d’affaires et bénéfices explosent et son bistrot devient vite, sur le papier, le plus rentable de la capitale.

Les brasseurs et grossistes se frottent les mains, et allongent bien volontiers les délais de paiement.
Les clients de Marcel s’endettant chaque jour davantage, acceptent sans rechigner des augmentations régulières du prix du godet, gonflant ainsi (toujours sur papier) les marges du bistrot.
Le jeune et dynamique représentant de la banque de Marcel, se rendant compte que ce tas de créances constitue en fait des contrats à terme (futures) et donc un actif, propose des crédits à Marcel avec les créances-clients en garantie.
Sa trouvaille géniale vaut au banquier visionnaire un plantureux bonus.
Au siège de la banque, un trader imagine alors un moyen (la titrisation) pour se faire de belles commissions : il convertit les dettes en PICOLOBLIGATIONS.

Les Picolobligations sont alors « titrisées » (converties en paquets de titres négociables) afin d’être vendues sur le marché à terme.

Confiants à l’égard de leur banquier et avides de hauts rendements, les clients ne captent pas que ces titres qui leur sont fourgués comme « obligations AAA », ne sont en fait que les créances bidons d’alcolos feignasses.
Les Picolobligations deviennent la star des marchés, on se les arrache et leur valeur crève tous les plafonds.
Un beau matin, un « risk manager » oublié dans les caves de la banque se réveille et signale qu’il est temps de demander à Marcel que ses clients règlent leur ardoise.
Marcel essaie, mais ses clients ne bossant pas, … bernique !
La banque exige alors le remboursement du crédit et le bistrot fait logiquement faillite, vire ses employés entrainant la faillite de ses fournisseurs en bibine qui, à leur tour, virent également leurs employés.
Le cours des Picolobligations chute brutalement de 90%.

La dépréciation de cet actif vaporise les actifs et donc les liquidités de la banque. Mais il y a un problème : sa banqueroute ruinerait trop d’électeurs (« too big to fail » dit-on).
La banque est donc renflouée par l’État. Ce renflouement est financé par de nouvelles taxes prélevées chez des employés, les classes moyennes et un tas de gens qui bossent, ne picolent pas, qui n’ont jamais mis les pieds dans le bistrot du Marcel…

C’est pourtant pas difficile à comprendre, non ?

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guest100

16/09/2014 à 15:12

:-))))))

Gaudi-parc-guell-lezard-_ntokms

lezard

16/09/2014 à 15:55

Il manque un petit détail qui a son importance. Marcel le cafetier ne proposera jamais de crédit à des personnes qu'il sait non solvable....sauf si l'état lui dit faites le et on couvre vos créances si elles ne sont pas remboursées...voilà ce qui s'est passé dans la réalité avec la crise des subprimes, l'état américain en l'occurrence a dit aux banquiers, on vous remboursera si les emprunteurs ne peuvent pas rembourser, et il avait pour celà deux organismes para public, Fanny Mae et Freddy Mac, qui ont vite été débordés par les demands de remboursement...voilà comment on crée un bulle immobilière ...avec l'aide de l'Etat.

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« Dieu se rit des hommes qui chérissent les causes dont ils déplorent les effets. » Bossuet.

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wakrap

16/09/2014 à 20:20

Oui lezard, c'est effectivement ce qui s'est passé, et cette crise est bien une crise de l'interventionnisme étatique, crise qui n'aurait jamais existé dans un monde libéral, mais qui a existé dans un monde socialiste.