La FSDL et PESSOA : 1 an déjà!

Forum associé : Exercice professionnel

Kung_fu_panda_moei4j

kung fu panda

01/11/2013 à 16:40

Propos du fondateur du groupe facebook les dentistes ne sont pas des pigeons.

C'est un peu long à lire, mais instructif. Bonne lecture

UN AN DE "DENTISTES NE SONT PAS DES PIGEONS !"
UN AN D'AFFAIRE PESSOA
LE BILAN DES COURSES
LA COMPARUTION du 31 octobre 2013
TOUT EST LA !!

Dans la lutte contre Pessoa, et ce quels que soient les griefs des uns envers les autres qui ont pu naitre depuis, il y a 3 noms à retenir. Mme Catherine MOJAISKY (présidente de la CNSD), Mr Patrick SOLERA (président de la FSDL) et Mr Pascal KARSENTI (président de la CNSD83). Humblement, j'associerai notre collectif à ces 3 noms ; saupoudrez le tout d'un peu d'instances ordinales, d'UJCD et beaucoup de gouvernement, et vous aurez la recette à peu près exhaustive du plan anti-CLESI en France.

Pessoa est la faculté de tous les clivages, mais d'une union ; celle de la profession ! Une première quasi-historique tant notre incapacité à nous mettre d'accord est devenue une donnée plutôt commune.

Clivage politique : Il y a fort à parier que si Mr SARKOZY avait été réélu, Pessoa serait maintenant en passe de réussir son pari ! Souvenez-vous qu'une bonne partie de la classe dirigeante de Pessoa est issue de l'UMP locale, cette UMP locale bien réticente à nous donner son avis sur la question et répondant aux abonnés absents lors de nos appels au soutien pour la manif du 15 mars. Toutes les autres sensibilités nous ont en revanche donné le leur ; le PS & le Modem en tête ! Souvenez-vous d'une Roselyne BACHELOT un temps caution scientifique de Pessoa... Un Pessoa qui s'était monté 2-3 ans avant d'ouvrir, sous un règne UMP donc...

Clivage dans l'opinion publique : Certains y verront une opportunité pour une France en manque de professionnels médicaux, en relançant le débat sur les déserts médicaux et donnant la possibilité à une concurrence accrue dans des secteurs où les prix défient sans cesse l'idée que se fait le français moyen de son droit à se soigner ; en un mot le top du top à pas cher, voire remboursé 100% ! D'autres y verront le dessein scandaleux d'une usine à fric profitant du désarroi des recalés de la PACES et ouvrant la porte d'études jusqu'alors très réglementées à des étudiants dont le niveau ne laissait aucune chance de réussite à de telles prétentions.

Clivage d'opinion au sein des Facultés médicales ; Certains y voient une opportunité d'assouvir leur besoin de reconnaissance en arrondissant leurs fins de mois alors qu'ils sont engagés dans une filière publique où tous les postes sont verrouillés, et leur chance de carrière s'amenuise au gré des nominations de complaisance aidées en cela par un nombre de postes toujours plus limités. D'autres ne jurent que par la mère médicale publique qui a nourri en son sein tous les professeurs, assistants, MCU et autres attachés qui lui doivent tout et dont le départ pour le privé est vécu comme une trahison.

Enfin, clivage au sein de la profession : Les professionnels n'ayant aucun espoir jusqu'alors de voir leur rejeton reprendre leur cabinet aperçoivent enfin la lueur qu'ils n'espéraient plus. Ceux qui approchent de la retraite et qui s'inquiètent déjà de la revente de leur cabinet ne cachent pas que le pool d'étudiants ainsi formé va permettre une cession inespérée. Les autres se souviennent d'un concours qui a marqué leur existence, d'un métier élitiste car exigeant et soumis à de nombreuses normes et demandant beaucoup de savoir, et dont l'aura doit beaucoup à cette sélection par le niveau et non par l'argent. Certains s'inquiéteront aussi du nombre de prescripteurs que Pessoa est en passe de mettre sur le marché et de l'effondrement d'un des piliers de notre société, la sécurité sociale.

Mais de tout cela, il ressort une chose ; l'union des professionnels de santé autour de la lutte contre ce projet fou, qui s'est imposé à la France avec l'objectif qu'une situation dogmatique de rutpture (« nous sommes là parce que nous répondons à un besoin de société, qu'importe la loi ») deviendra à la longue une situation légale.

Dans le dentaire, puisque j'appartiens à cette branche, on dénombre 5 syndicats et l'ordre. En tête de liste de la défense professionnelle dans cette affaire, la CNSD et la FSDL à 50% chacune sur des plans de bataille différents.
L'ordre se bat sur des textes, peaufine son discours pour ne jamais sortir des clous imposés par le code de déontologie, et a une marge d'action limitée : ce combat n'est presque pas le sien malheureusement, même si les dentistes qui le composent se rangent à nos cotés. Mr COUZINOU, président du CNO était d'ailleurs avec nous lors de la manifestation du 15 Mars dernier.

Du plus petit aux principaux, revoyons la position de nos syndicats dentaires :

Le syndicat des femmes chirurgien-dentistes a répondu présent dés le début et s'est immédiatement battu à nos cotés.

DSI : Syndicat au président emblématique, Mr Rudyard BESSIS dont le passé houleux avec l'ordre et la CNSD lui a valu d'être interdit d'exercice « à vie » (en pratique 3 ans, mais ça suffit à couler une activité). Heureusement pour lui, il avait une deuxième casquette d'avocat qui lui permet à l'heure d'aujourd'hui de mener un combat juridique pour prouver le bien-fondé de ses positions, et d'entretenir son propre syndicat dentaire, DSI !
Quelle a été la position de ce syndicat sur l'affaire Pessoa ? Curieusement, aucun bruit ! Pas une annonce, rien pour désapprouver publiquement ce qui était en train de se passer, à croire que la direction d'avocats à la tête du CLESI avaient passé un pacte avec Maitre BESSIS. Cela demandait quelques explications que j'ai fini par avoir !
Maitre BESSIS a été remercié par Pessoa pour cette fameuse retenue, sans que je ne sache bien si elle lui avait été suggérée ou elle s'était imposée d'elle-même. Ne se satisfaisant pas de simples remerciements, BESSIS a demandé à ce qu'une discussion sur la nature d'une telle installation et sur le fondement des status ait lieu. D'où l'organisation d'une réunion (avortée) à Hyères avec les dirigeants de Pessoa en mai dernier. Une réunion qui n'aura finalement jamais lieu, Bruno RAVAZ (président de Pessoa France) s'étant défilé au dernier moment. A ce jour, Bessis m'a avoué être contre Pessoa, bien qu'aucune action concrète de DSI à son encontre n'ait jamais vu le jour...

L'UJCD : Vaste sujet !
Que doit-on à l'UJCD ? D'après l'ordre du 83, c'est elle qui aurait avancé en premier le problème de non-reconnaissance des diplômes en se fondant sur la loi portugaise. Cependant, à l'ADF 2012: J'ai eu droit à discours formaté comparant Pessoa aux grandes écoles françaises (déjà là, le discours était biaisé) qui s'expatriaient dans le reste de l'europe pour former des étudiants à l'étranger sans qu'aucun français ne s'en offusque, « alors pourquoi râler quand c'est l'inverse ? » : Belle réflexion de l'UJCD !! Discours qu'on nous resservira plusieurs fois par la suite et permettant de reconnaître immédiatement un adhérent UJCD, un discours semble-t-il bien pré-mâché prêt à consommer pour briller en société !
En pratique on a rien vu de l'UJCD jusqu'à la manifestation du 15 Mars 2013 où cette dernière s'était finalement ralliée à nous et a eu droit aux mêmes honneurs que les autres. Sur notre collectif pourtant emblématique de la lutte anti-PESSOA, pas une seule fois un membre de l'UJCD nous a éclairé de ses lumières. Quelle manque de motivation ! Quel désengagement à l'heure où notre profession essuyait un cataclysme propre à la désorganiser profondément...
Pourtant, les « jeunes » chirurgien-dentistes, ils doivent bien avoir facebook, non ?
Et puis l'UJCD, en bon électron libre et voulant devancer tout le monde a décidé de porter plainte. Porter plainte pourquoi ? C'est flou, mais globalement, elle reproche à Pessoa de n'être qu'une association loi 1901, et qu'elle n'est donc pas habilitée à gérer un tel établissement. Donc la dissolution de cette turbulente association est tout simplement exigée... Belle annonce ! Ca en jette ! On applaudit !
Mais à y regarder de plus près, on se rend compte que la candeur de la plainte n'avait d'égal que son amateurisme : en effet, la FSDL a tout de suite pensé à démontrer au juge que l'organisation syndicale qu'elle était, était compétente à poursuivre Pessoa ; ce que n'a pas fait l'UJCD et qui a profité de ce que la FSDL avait déjà fait le boulot pour s'engouffre dans la brèche ainsi ouverte. Cela a permis sans doute de dire à tout le monde que l'UJCD était sur le coup !
Mais hier a donné place à un rebondissement fantastique ; à l'amateurisme s'est ajouté l'inconscience d'un je-m'en-foutisme qui a balayé toutes les attentes des professionnels de santé qui croyaient encore en leur action. L'UJCD ayant décidé de poursuivre Pessoa sous forme d'un comparution dite à jour fixe, pour la punir de ne pas avoir fourni quelques documents en temps et en heure en Avril dernier, il faut savoir que cette démarche connait quelques règles : la plus stressante pour résumer est que l'apport des pièces au dossier et les conclusions des deux parties peuvent se poursuivre jusqu'à la veille de l'assignation. La FSDL a joué le jeu, reçu des conclusions tardives, et a répondu en temps et en heure coups pour coups aux arguments tardifs de Mme RAVAZ. Devant la même situation, l'UJCD a envoyé une représentante toulonnaise ne connaissant que très peu le dossier pour annoncer qu'étant donné les délais et la complexité du sujet, elle préférait ajourner... Indignation de Dame RAVAZ et on la comprend ! Le choix de la procédure est de leur fait, et ceux-ci sont surpris par les règles du jeu qu'ils ont imposées ? Mais de qui se moque-t-on ? L'avocat parisien n'a même pas daigné descendre sur place, prenant le risque que le report soit refusé par la juge et que l'obligation de plaider oblige la jeune avocate représentante à ne lire que les conclusions du dossier UJCD devant une RAVAZ prête à tordre le coup en personne aux arguments avancés. Est-ce ça le professionnalisme ? Est-ce cela le respect des professionnels de santé à qui l'UJCD fait croire qu'elle se bat à leurs cotés, mais qui se dérobe le moment venu : Car il n'y a que 2 explications à ce report, l'un est que le dossier était bien bancal et que devant les conclusions de Pessoa, un délais n'était pas de trop pour revoir tout cela, l'autre est que, par principe, devant le peu de temps pour répondre, l'UJCD a décidé de ne pas se presser : quelle inconscience !
La juge pouvait exiger que le dossier soit plaidé, et le spectacle imposé aurait été un vrai supplice à nos yeux (aucun avocat titulaire à la barre face à Mme RAVAZ). Mais elle a décidé de consentir au report ! « Ouf » ! Enfin « ouf »... Non pas « ouf » en fait, car ce qui joue énormément dans ce dossier, c'est la vitesse à laquelle il va être jugé, et ce dans le but d'éviter que Pessoa ne finisse de peaufiner sa mise en règle et que trop d'étudiants ne soient inscrits ou même ne sortent des bancs de Pessoa France. Le report a été consenti certes, pour la date du 22 mai 2014, donc résultat pas avant septembre-octobre 2014, soit dans un an !!! D'ici là les premiers étudiants seront sortis du CLESI, et auront réussi leur pari !
L'UJCD a-t-elle compris les enjeux ? On est en droit de se poser la question ! Alors c'est sympa d'essayer, mais la crédibilité est un facteur à ne pas négliger dans une telle lutte...

Nous arrivons enfin sur les deux perles de ce combat, la CNSD et la FSDL, seuls syndicats qui ont mesuré d'emblée les problèmes engendrés par l'installation de Pessoa et qui ont entendu toute la détresse des professionnels médicaux. La CNSD, dirigée par Catherine MOJAISKY bénéficie d'un bras armé varois Pascal KARSENTI qui a honoré son syndicat en intervenant publiquement sur un dossier devenu sensible. Seul réel représentant syndical sur le champ de bataille, ses interventions télévisées et dans la presse écrite lui on valu de nombreuses menaces et intimidations certainement le fait de sympathisants de cette faculté de toutes origines, je ne me permettrai pas d'émettre d'hypothèses, d'autant que Bruno RAVAZ a proposé lui-même de s'associer à la plainte de Pascal. De son coté, la CNSD nationale faisait jouer ses nombreux contacts pour alerter l'opinion et les politiques, ce qui aboutira à une prise de conscience de la part d'un gouvernement attentif et attaché à l'école publique des compétences et non l'école privée de l'argent. Pascal et Catherine ont donné dans la débauche de moyens pour arriver à leurs fins, ont déposé une plainte au tribunal de Toulon en septembre 2013 après s'être associé à la plainte du gouvernement à l'encontre de la fac privée. On leur doit une grande part de l'organisation de la manif du 15 mars dernier qui aura permis de raviver le débat : le tracé du parcours, les camions, les chansons, la conférence de presse... Bref, la profession peut dire merci à des gens qui n'ont pas démérité et dont les résultats sur le plan judiciaire sont à venir ; croisons les doigts... Nous y serons !

Je finis ce long article par la FSDL qui est actuellement sous les feus des projecteurs notamment grâce à leur action en justice maitrisée et menée d'une main de fer par son président, le Dr Patrick SOLERA et son avocat dans ce dossier, maitre AUGAGNEUR.
La FSDL a connu un faux départ ; c'est pour moi le premier article que j'ai lu sur le sujet Pessoa il y a un an maintenant, et l'ambiguïté quant à une sympathie du rédacteur quant à ce projet a été ressentie par beaucoup comme une trahison. Mais à l'époque, les enjeux n'étaient pas vraiment pesés (octobre 2012), la rédaction était de plus maladroite, bref, on oublie !
Tout de suite après, le président SOLERA reprenait la main en s'excusant pour ce petit couac et entrant directement dans le vif du sujet ! Et avec une vigueur et un enthousiasme communicatif. Je lui rends particulièrement hommage aujourd'hui du fait des résultats de son action, qui a défaut d'être connus jusqu'au jugement, auront le mérite d'avoir été le fruit d'un jusqu'auboutisme admirable. Tout d'abord, Patrick SOLERA a cru en nous, « les dentistes ne sont pas des pigeons », car il ne faut pas se le cacher, la lutte, c'est aussi de rassembler les professionnels de santé, de tous horizons, syndiqués ou pas et d'entretenir la flamme ! Cette flamme qui entretient l'espoir, un espoir moteur des actions syndicales, un espoir qui empêche donc Pessoa de se développer. Je parle d'une époque où nos coup de gueules étaient fréquents sur les institutions qui semblaient impuissantes à nous protéger, nous, nos exercices & nos diplômes : Seuls contre tous à jouer ce petit jeu dangereux, ou presque, car Patrick SOLERA nous appuyait de son soutien. Pas syndiqués (c'est notre marque de fabrique), mais avec l'appui d'une machine de guerre comme la FSDL derrière, la liberté de parole et d'action nous a donné quelques ailes que certains autres auraient d'ailleurs bien voulu nous couper, et de cette personnalité qui en découlait est née une crédibilité qui nous permet actuellement de parler d'égal à égal avec les syndicats, et d'avoir nos propres contacts au gouvernement et dans la presse. L'histoire des « pigeons », c'est aussi un peu grâce au soutien de Patrick SOLERA et pour cela, nous l'en remercions ! Je ré-affirme cependant notre indépendance, notre esprit critique et notre neutralité face aux enjeux syndicaux, mais je salue le soutien de départ qui nous a permis de grandir aussi vite !
La FSDL ne s'est pas arrétée là : elle a très vite communiqué sur le sujet en des termes forts et sans équivoque. Elle a aussi alerté ses contacts, co-organisé la manif du 15 mars en aidant à convaincre les différentes parties de s'associer au mouvement (tout comme l'a fait la CNSD), et surtout, a eu le cran de défier Pessoa en déposant une plainte pour faire fermer cette structure mais en prenant soin de commencer par le commencement : démontrer sa légitimité à poursuivre la fac privée, se baser sur des éléments concrets pour exiger cette fermeture (papiers préalables à l'ouverture, exigence de se soumettre au droits français & portugais...). Là où la CNSD n'avait pas oser s'avancer de peur d'être déboutée et ainsi prendre le risque de se voir empêcher de poursuivre Pessoa, ce qui est une façon sage et prudente d'aborder un problème aussi complexe, la FSDL a lancé un pavé dans la marre ; premier syndicat à oser porter plainte ! Et l'audace paye puisque le juge la conforte dans son droit à poursuivre ! Ce qu'elle fait bien évidemment, vite rejoint par l'UJCD qui profite de ce qu'une partie du travail est déjà fait pour imposer à son tour ses exigeances à Pessoa. Renvoi de l'affaire le 31 octobre 2013: hier !

Je m'étonnerai toujours du manque d'investissement de nos confrères qui se disent angoissés par la problématique Pessoa, mais qui hier étaient absents alors que beaucoup de choses se jouaient justement au TGI, situé sur la plus grande artère toulonnaise où les dentistes sont tous installés en masse. Nous étions 3 pour soutenir Maître AUGAGNEUR ! Alors certes, il n'avait besoin de personne pour plaider, la justice n'a pas besoin des clients pour faire son travail, mais quand même ! Quant aux divergences syndicales, réjouissons-nous de l'union apportée par Pessoa France, et je n'ose pas croire que l'étiquette du plaignant a été un frein à l'intérêt d'un tel procès. Alors pendant que certains faisaient du chiffre ou restaient chez eux, maître Augagneur se battait pour eux. Nous serons au procès de l'UJCD et de la CNSD, ne vous inquiétez pas, ces considérations ne nous ont pas contaminées. Le fond avant la forme, c'est ça la pureté des opinions...

Le TGI de Toulon a donc été le théatre du conflit frontal et direct entre Maitre AUGAGNEUR (pour la FSDL) et Maitre Christine RAVAZ (pour Pessoa, elle-même administratrice de la fac privée au coté de son président de mari, Bruno RAVAZ). Bref hier, Christine RAVAZ défendait aussi et surtout ses propres intérêts, ce qui je pense n'aura pas échappé au jury...
Le discours de notre avocat, celui qui représente toute une population de professionnels médicaux angoissés par le CLESI, a été clair, précis et a permis d'énoncer simplement le contexte et la problématique imposée par Pessoa France ; le but était bien d'opposer la loi, la continuité d'un système, le respect des institutions à une démarche de rupture. Il est évident que l'avocat aurait pu parler des heures, mais à son sens, le dossier était bien fourni, et l'intérêt était bien de mettre l'accent sur la légitimité de sa démarche, ses fondements, ainsi que les erreurs et les entorses à la loi du CLESI, que ce soit à la loi française, ou à la loi portugaise. C'est un fait, Pessoa répond elle-même à un problème qu'elle pose (éclatement du NC), qu'importe ce qu'en dit la France ! Invoquant l'irrecevabilité de la non-rétro-activité de la loi Fioraso, cela lui a paru une hérésie, car l'action n'est pas finie dans le passé, mais le CLESI continue tous les jours d'être en infraction. « «On ne peut pas juger une entreprise sur les lois d'il y a 50 ans sous prétexte qu'elle a ouvert ses portes à ce moment-là » a-t-il en substance avancé... Le jury a paru attentif à ce discours, calmement énoncé et édicté avec une certaine passion communicative. Dites-vous bien que dans l'angoisse d'une telle confrontation, on se met surtout à la place des juges en essayant de ressentir le discours d'une manière neutre pour être bien certain qu'au bout du compte, on pourra évaluer le niveau des prestations entendues. Cette expérience a permis justement d'être assez fier de notre représentant qui a su se montrer intéressant, captivant parfois, posé, modéré et construit dans sa manière de présenter son sujet.
Toujours de ce point de vue, confirmé par la mine parfois déconfite et agacé du jury, Mme RAVAZ s'est employée à se battre sur la forme : il manque une signature par ci, il manque une pièce par là, les temps ne sont pas respectés, il y aurait eu mensonge au jury pour accabler Pessoa... Elle s'est appliquée à édicter des textes de lois pour montrer que la demande des plaignants était en inadéquation avec la situation de son équipe enseignante & administrative pourtant si irréprochable. Seul oubli de sa part durant cette longue démonstration, ces textes ne s'appliquaient qu'à des facultés privées reconnues, alors que le débat autour de Pessoa et bien sur la légitimité d'une telle installation. Cette longue logorrhée n'aura servi à rien, si ce n'est démontrer que noyer le poisson est une bonne forme de désinformation, désinformation qu'elle nous a tant reprochée à nous autres sur internet. Pour tout dire, nous serions "anxiogènes" pour ses petits étudiants si fragiles...
Pour finir, elle en est venue à critiquer les prix des prothèses, ce qui donne immédiatement le niveau de son estime pour une profession à laquelle elle est sensée préparer ses étudiants. Aucune connaissance des impératifs d'un cabinet dentaires (normes...), aucune connaissance de l'économie réelle des ces derniers (salaires, charges, impôts...), que des poncifs et des à priori fielleux et navrants, laissant même entrevoir un véritable danger à confier la formation de professionnels de santé à des gens aussi bas de plafond dans leur commentaires.
Question : « Mme RAVAZ, nous promettez-vous que vos étudiants si bien formés éthiquement feront tous la couronne à prix coûtant comme votre discours imbécile avait l'air de le suggérer ? Pourquoi pensez-vous qu'il y a un tel engouement dans votre CLESI si ce n'est pour pouvoir avoir un jour la possibilité de faire des couronnes à 900 euros ou des implants à 2000 ? » La bêtise ne s'arrêtait pas là puisque bientôt, elle mettait en avant le fait qu'un pauvre étudiant recalé de la PACES ne se voyait proposer que des études bien loin de ses aspirations de départ au premier rang desquelles... le droit ! Rires et grondements des collègues avocats dans la salle (venus plaider d'autres affaires), franchement on touchait un peu le fond... Ah non, pas encore, puisque dans la décadence d'un discours déjà bien amoché, elle reprochait bientôt l'indécence morale de cette cohorte de dentistes venus manifester devant une morgue (à l'entrée de l'hôpital Clemenceau semble-t-il...) en dérangeant de pauvres étudiants qui ne souhaitaient qu'une chose, travailler... Et pour finir, la description d'un cadre idyllique où étudiants de Pessoa cotoyaient dans la plus grande convivialité respectueuse des Roms relogés à l'étage au dessus, ainsi que le service de gériatrie... Ne manquaient que la veuve et l'orphelin. Notons enfin que Dame Ravaz a commencé en nous démontrant clairement qu'il fallait contourner ce Numerus Clausus devenu obsolète, mainte fois violé et fait d'après elle pour limiter avant tout les dépenses engendrées par la formation des professionnels de santé (20000 euros par an payé par le contribuable, plus des écuries à 10.000 euros en première année sans certitude d'être reçu (contrairement à elle donc)), chiffres farfelus ou exceptionnels qui cachent bien le fait que les prescripteurs formés par Zorro-Pessoa coûteront bien plus chers à l'état français. Par contre, pour s'appuyer sur la loi quand ça l'arrange, alors qu'elle encourage ouvertement à la bafouer, on pouvait également compter sur elle. Se plaçant tantôt sous la protection de la loi française, parfois de la loi portugaise, voire de la loi européenne : Le respect des institutions à la carte made in Ravaz !
Bref un discours dont les ficelles aussi grosses qu'imprécises ne laissait place qu'au doute. Le jury pourra toujours suivre ses conclusions, mais devant de telles tirades issues d'un mauvais film de procès américain, on a toutes les chances d'espérer.
Le combat continue, il est déjà bien engagé et Pessoa peine à convaincre : nous ne pouvons que nous satisfaire de tout ce qui a déjà été accompli, et de tout ce qu'il reste à faire grâce aux différentes tactiques engagées. La justice française est longue à se prononcer, mais au bout du compte, c'est bien que cette dernière soit rendue qui nous importe. Merci donc à tous ceux qui se battent à nos cotés pour faire que cette histoire ne soit bientôt qu'un mauvais souvenir, merci encore tout particulièrement à la FSDL et à la CNSD ainsi qu'au gouvernement qui continue dans l'ombre sa lente mais ravageuse procédure à l'encontre du CLESI.

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rapelapente

03/11/2013 à 10:25

L'analyse est excellente, mais un aspect à été passé sous silence dans cette affaire.
C'est l'appartenance notoire de presque tous les politiques locaux ainsi q'une part au moins des cautions "intellectuelles" de Pessoa à une certaine société "discrète"...
Espérons que les juges n'en sont pas membre aussi...

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dentino

03/11/2013 à 18:42

Je trouve que le scandale Pessoa, quatre ans à peine après celui des faux diplômes à l'Université de Toulon (diplôme vendus à des étudiants chinois contre espèces sonnantes et trébuchantes), ça fait beaucoup pour un seul département...

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fredo667

03/11/2013 à 19:11

Moi je ne connait pas de société discrète. Soit c'est permis, soit c'est interdit.
C'est quoi, ça a un nom, donc nommons la. A moins qu'ils en aient honte? Donc c'est quoi cette histoire?
J'imagine que ce sont des franc-maçons ou une succursale, ça s'ouvre comme les bars à sourires.

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fredo667

03/11/2013 à 19:11

re

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vmdeugénol

04/11/2013 à 12:18

Perso, tu vas dire que j'ai mauvais esprit mais bon..., ce qui m'interpelle c'est justement cette union des levées de boucliers, cette union improbable dont tu fais l'éloge.
Une fois passée l'émotion d'une telle communion inter-professionnelle, j'ai bien peur que cela camoufle le piège.
Si j'entends bien, finalement, il n'est pas si mal le système de formation et d'exercice qui nous a conduit exactement là où nous en sommes.
Il faut le sauver....dans la continuité, une sorte de concept du changement dans la continuité.
Un concept d'une politique "oxymorique" de la santé dentaire.

Belle analyse, mais les conclusions peuvent être antinomiques...non?

kung fu panda écrivait:
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> Propos du fondateur du groupe facebook les dentistes ne sont pas des pigeons.
>
> C'est un peu long à lire, mais instructif. Bonne lecture
>
> UN AN DE "DENTISTES NE SONT PAS DES PIGEONS !"
> UN AN D'AFFAIRE PESSOA
> LE BILAN DES COURSES
> LA COMPARUTION du 31 octobre 2013
> TOUT EST LA !!
>
> Dans la lutte contre Pessoa, et ce quels que soient les griefs des uns envers
> les autres qui ont pu naitre depuis, il y a 3 noms à retenir. Mme Catherine
> MOJAISKY (présidente de la CNSD), Mr Patrick SOLERA (président de la FSDL) et Mr
> Pascal KARSENTI (président de la CNSD83). Humblement, j'associerai notre
> collectif à ces 3 noms ; saupoudrez le tout d'un peu d'instances ordinales,
> d'UJCD et beaucoup de gouvernement, et vous aurez la recette à peu près
> exhaustive du plan anti-CLESI en France.
>
> Pessoa est la faculté de tous les clivages, mais d'une union ; celle de la
> profession ! Une première quasi-historique tant notre incapacité à nous mettre
> d'accord est devenue une donnée plutôt commune.
>
> Clivage politique : Il y a fort à parier que si Mr SARKOZY avait été réélu,
> Pessoa serait maintenant en passe de réussir son pari ! Souvenez-vous qu'une
> bonne partie de la classe dirigeante de Pessoa est issue de l'UMP locale, cette
> UMP locale bien réticente à nous donner son avis sur la question et répondant
> aux abonnés absents lors de nos appels au soutien pour la manif du 15 mars.
> Toutes les autres sensibilités nous ont en revanche donné le leur ; le PS & le
> Modem en tête ! Souvenez-vous d'une Roselyne BACHELOT un temps caution
> scientifique de Pessoa... Un Pessoa qui s'était monté 2-3 ans avant d'ouvrir,
> sous un règne UMP donc...
>
> Clivage dans l'opinion publique : Certains y verront une opportunité pour une
> France en manque de professionnels médicaux, en relançant le débat sur les
> déserts médicaux et donnant la possibilité à une concurrence accrue dans des
> secteurs où les prix défient sans cesse l'idée que se fait le français moyen de
> son droit à se soigner ; en un mot le top du top à pas cher, voire remboursé
> 100% ! D'autres y verront le dessein scandaleux d'une usine à fric profitant du
> désarroi des recalés de la PACES et ouvrant la porte d'études jusqu'alors très
> réglementées à des étudiants dont le niveau ne laissait aucune chance de
> réussite à de telles prétentions.
>
> Clivage d'opinion au sein des Facultés médicales ; Certains y voient une
> opportunité d'assouvir leur besoin de reconnaissance en arrondissant leurs fins
> de mois alors qu'ils sont engagés dans une filière publique où tous les postes
> sont verrouillés, et leur chance de carrière s'amenuise au gré des nominations
> de complaisance aidées en cela par un nombre de postes toujours plus limités.
> D'autres ne jurent que par la mère médicale publique qui a nourri en son sein
> tous les professeurs, assistants, MCU et autres attachés qui lui doivent tout et
> dont le départ pour le privé est vécu comme une trahison.
>
> Enfin, clivage au sein de la profession : Les professionnels n'ayant aucun
> espoir jusqu'alors de voir leur rejeton reprendre leur cabinet aperçoivent enfin
> la lueur qu'ils n'espéraient plus. Ceux qui approchent de la retraite et qui
> s'inquiètent déjà de la revente de leur cabinet ne cachent pas que le pool
> d'étudiants ainsi formé va permettre une cession inespérée. Les autres se
> souviennent d'un concours qui a marqué leur existence, d'un métier élitiste car
> exigeant et soumis à de nombreuses normes et demandant beaucoup de savoir, et
> dont l'aura doit beaucoup à cette sélection par le niveau et non par l'argent.
> Certains s'inquiéteront aussi du nombre de prescripteurs que Pessoa est en passe
> de mettre sur le marché et de l'effondrement d'un des piliers de notre société,
> la sécurité sociale.
>
> Mais de tout cela, il ressort une chose ; l'union des professionnels de santé
> autour de la lutte contre ce projet fou, qui s'est imposé à la France avec
> l'objectif qu'une situation dogmatique de rutpture (« nous sommes là parce que
> nous répondons à un besoin de société, qu'importe la loi ») deviendra à la
> longue une situation légale.
>
> Dans le dentaire, puisque j'appartiens à cette branche, on dénombre 5 syndicats
> et l'ordre. En tête de liste de la défense professionnelle dans cette affaire,
> la CNSD et la FSDL à 50% chacune sur des plans de bataille différents.
> L'ordre se bat sur des textes, peaufine son discours pour ne jamais sortir des
> clous imposés par le code de déontologie, et a une marge d'action limitée : ce
> combat n'est presque pas le sien malheureusement, même si les dentistes qui le
> composent se rangent à nos cotés. Mr COUZINOU, président du CNO était d'ailleurs
> avec nous lors de la manifestation du 15 Mars dernier.
>
> Du plus petit aux principaux, revoyons la position de nos syndicats dentaires :
>
> Le syndicat des femmes chirurgien-dentistes a répondu présent dés le début et
> s'est immédiatement battu à nos cotés.
>
> DSI : Syndicat au président emblématique, Mr Rudyard BESSIS dont le passé
> houleux avec l'ordre et la CNSD lui a valu d'être interdit d'exercice « à vie »
> (en pratique 3 ans, mais ça suffit à couler une activité). Heureusement pour
> lui, il avait une deuxième casquette d'avocat qui lui permet à l'heure
> d'aujourd'hui de mener un combat juridique pour prouver le bien-fondé de ses
> positions, et d'entretenir son propre syndicat dentaire, DSI !
> Quelle a été la position de ce syndicat sur l'affaire Pessoa ? Curieusement,
> aucun bruit ! Pas une annonce, rien pour désapprouver publiquement ce qui était
> en train de se passer, à croire que la direction d'avocats à la tête du CLESI
> avaient passé un pacte avec Maitre BESSIS. Cela demandait quelques explications
> que j'ai fini par avoir !
> Maitre BESSIS a été remercié par Pessoa pour cette fameuse retenue, sans que je
> ne sache bien si elle lui avait été suggérée ou elle s'était imposée
> d'elle-même. Ne se satisfaisant pas de simples remerciements, BESSIS a demandé à
> ce qu'une discussion sur la nature d'une telle installation et sur le fondement
> des status ait lieu. D'où l'organisation d'une réunion (avortée) à Hyères avec
> les dirigeants de Pessoa en mai dernier. Une réunion qui n'aura finalement
> jamais lieu, Bruno RAVAZ (président de Pessoa France) s'étant défilé au dernier
> moment. A ce jour, Bessis m'a avoué être contre Pessoa, bien qu'aucune action
> concrète de DSI à son encontre n'ait jamais vu le jour...
>
> L'UJCD : Vaste sujet !
> Que doit-on à l'UJCD ? D'après l'ordre du 83, c'est elle qui aurait avancé en
> premier le problème de non-reconnaissance des diplômes en se fondant sur la loi
> portugaise. Cependant, à l'ADF 2012: J'ai eu droit à discours formaté comparant
> Pessoa aux grandes écoles françaises (déjà là, le discours était biaisé) qui
> s'expatriaient dans le reste de l'europe pour former des étudiants à l'étranger
> sans qu'aucun français ne s'en offusque, « alors pourquoi râler quand c'est
> l'inverse ? » : Belle réflexion de l'UJCD !! Discours qu'on nous resservira
> plusieurs fois par la suite et permettant de reconnaître immédiatement un
> adhérent UJCD, un discours semble-t-il bien pré-mâché prêt à consommer pour
> briller en société !
> En pratique on a rien vu de l'UJCD jusqu'à la manifestation du 15 Mars 2013 où
> cette dernière s'était finalement ralliée à nous et a eu droit aux mêmes
> honneurs que les autres. Sur notre collectif pourtant emblématique de la lutte
> anti-PESSOA, pas une seule fois un membre de l'UJCD nous a éclairé de ses
> lumières. Quelle manque de motivation ! Quel désengagement à l'heure où notre
> profession essuyait un cataclysme propre à la désorganiser profondément...
> Pourtant, les « jeunes » chirurgien-dentistes, ils doivent bien avoir facebook,
> non ?
> Et puis l'UJCD, en bon électron libre et voulant devancer tout le monde a décidé
> de porter plainte. Porter plainte pourquoi ? C'est flou, mais globalement, elle
> reproche à Pessoa de n'être qu'une association loi 1901, et qu'elle n'est donc
> pas habilitée à gérer un tel établissement. Donc la dissolution de cette
> turbulente association est tout simplement exigée... Belle annonce ! Ca en jette
> ! On applaudit !
> Mais à y regarder de plus près, on se rend compte que la candeur de la plainte
> n'avait d'égal que son amateurisme : en effet, la FSDL a tout de suite pensé à
> démontrer au juge que l'organisation syndicale qu'elle était, était compétente à
> poursuivre Pessoa ; ce que n'a pas fait l'UJCD et qui a profité de ce que la
> FSDL avait déjà fait le boulot pour s'engouffre dans la brèche ainsi ouverte.
> Cela a permis sans doute de dire à tout le monde que l'UJCD était sur le coup !
> Mais hier a donné place à un rebondissement fantastique ; à l'amateurisme s'est
> ajouté l'inconscience d'un je-m'en-foutisme qui a balayé toutes les attentes des
> professionnels de santé qui croyaient encore en leur action. L'UJCD ayant décidé
> de poursuivre Pessoa sous forme d'un comparution dite à jour fixe, pour la punir
> de ne pas avoir fourni quelques documents en temps et en heure en Avril dernier,
> il faut savoir que cette démarche connait quelques règles : la plus stressante
> pour résumer est que l'apport des pièces au dossier et les conclusions des deux
> parties peuvent se poursuivre jusqu'à la veille de l'assignation. La FSDL a joué
> le jeu, reçu des conclusions tardives, et a répondu en temps et en heure coups
> pour coups aux arguments tardifs de Mme RAVAZ. Devant la même situation, l'UJCD
> a envoyé une représentante toulonnaise ne connaissant que très peu le dossier
> pour annoncer qu'étant donné les délais et la complexité du sujet, elle
> préférait ajourner... Indignation de Dame RAVAZ et on la comprend ! Le choix de
> la procédure est de leur fait, et ceux-ci sont surpris par les règles du jeu
> qu'ils ont imposées ? Mais de qui se moque-t-on ? L'avocat parisien n'a même pas
> daigné descendre sur place, prenant le risque que le report soit refusé par la
> juge et que l'obligation de plaider oblige la jeune avocate représentante à ne
> lire que les conclusions du dossier UJCD devant une RAVAZ prête à tordre le coup
> en personne aux arguments avancés. Est-ce ça le professionnalisme ? Est-ce cela
> le respect des professionnels de santé à qui l'UJCD fait croire qu'elle se bat à
> leurs cotés, mais qui se dérobe le moment venu : Car il n'y a que 2 explications
> à ce report, l'un est que le dossier était bien bancal et que devant les
> conclusions de Pessoa, un délais n'était pas de trop pour revoir tout cela,
> l'autre est que, par principe, devant le peu de temps pour répondre, l'UJCD a
> décidé de ne pas se presser : quelle inconscience !
> La juge pouvait exiger que le dossier soit plaidé, et le spectacle imposé aurait
> été un vrai supplice à nos yeux (aucun avocat titulaire à la barre face à Mme
> RAVAZ). Mais elle a décidé de consentir au report ! « Ouf » ! Enfin « ouf »...
> Non pas « ouf » en fait, car ce qui joue énormément dans ce dossier, c'est la
> vitesse à laquelle il va être jugé, et ce dans le but d'éviter que Pessoa ne
> finisse de peaufiner sa mise en règle et que trop d'étudiants ne soient inscrits
> ou même ne sortent des bancs de Pessoa France. Le report a été consenti certes,
> pour la date du 22 mai 2014, donc résultat pas avant septembre-octobre 2014,
> soit dans un an !!! D'ici là les premiers étudiants seront sortis du CLESI, et
> auront réussi leur pari !
> L'UJCD a-t-elle compris les enjeux ? On est en droit de se poser la question !
> Alors c'est sympa d'essayer, mais la crédibilité est un facteur à ne pas
> négliger dans une telle lutte...
>
> Nous arrivons enfin sur les deux perles de ce combat, la CNSD et la FSDL, seuls
> syndicats qui ont mesuré d'emblée les problèmes engendrés par l'installation de
> Pessoa et qui ont entendu toute la détresse des professionnels médicaux. La
> CNSD, dirigée par Catherine MOJAISKY bénéficie d'un bras armé varois Pascal
> KARSENTI qui a honoré son syndicat en intervenant publiquement sur un dossier
> devenu sensible. Seul réel représentant syndical sur le champ de bataille, ses
> interventions télévisées et dans la presse écrite lui on valu de nombreuses
> menaces et intimidations certainement le fait de sympathisants de cette faculté
> de toutes origines, je ne me permettrai pas d'émettre d'hypothèses, d'autant que
> Bruno RAVAZ a proposé lui-même de s'associer à la plainte de Pascal. De son
> coté, la CNSD nationale faisait jouer ses nombreux contacts pour alerter
> l'opinion et les politiques, ce qui aboutira à une prise de conscience de la
> part d'un gouvernement attentif et attaché à l'école publique des compétences et
> non l'école privée de l'argent. Pascal et Catherine ont donné dans la débauche
> de moyens pour arriver à leurs fins, ont déposé une plainte au tribunal de
> Toulon en septembre 2013 après s'être associé à la plainte du gouvernement à
> l'encontre de la fac privée. On leur doit une grande part de l'organisation de
> la manif du 15 mars dernier qui aura permis de raviver le débat : le tracé du
> parcours, les camions, les chansons, la conférence de presse... Bref, la
> profession peut dire merci à des gens qui n'ont pas démérité et dont les
> résultats sur le plan judiciaire sont à venir ; croisons les doigts... Nous y
> serons !
>
> Je finis ce long article par la FSDL qui est actuellement sous les feus des
> projecteurs notamment grâce à leur action en justice maitrisée et menée d'une
> main de fer par son président, le Dr Patrick SOLERA et son avocat dans ce
> dossier, maitre AUGAGNEUR.
> La FSDL a connu un faux départ ; c'est pour moi le premier article que j'ai lu
> sur le sujet Pessoa il y a un an maintenant, et l'ambiguïté quant à une
> sympathie du rédacteur quant à ce projet a été ressentie par beaucoup comme une
> trahison. Mais à l'époque, les enjeux n'étaient pas vraiment pesés (octobre
> 2012), la rédaction était de plus maladroite, bref, on oublie !
> Tout de suite après, le président SOLERA reprenait la main en s'excusant pour ce
> petit couac et entrant directement dans le vif du sujet ! Et avec une vigueur et
> un enthousiasme communicatif. Je lui rends particulièrement hommage aujourd'hui
> du fait des résultats de son action, qui a défaut d'être connus jusqu'au
> jugement, auront le mérite d'avoir été le fruit d'un jusqu'auboutisme admirable.
> Tout d'abord, Patrick SOLERA a cru en nous, « les dentistes ne sont pas des
> pigeons », car il ne faut pas se le cacher, la lutte, c'est aussi de rassembler
> les professionnels de santé, de tous horizons, syndiqués ou pas et d'entretenir
> la flamme ! Cette flamme qui entretient l'espoir, un espoir moteur des actions
> syndicales, un espoir qui empêche donc Pessoa de se développer. Je parle d'une
> époque où nos coup de gueules étaient fréquents sur les institutions qui
> semblaient impuissantes à nous protéger, nous, nos exercices & nos diplômes :
> Seuls contre tous à jouer ce petit jeu dangereux, ou presque, car Patrick SOLERA
> nous appuyait de son soutien. Pas syndiqués (c'est notre marque de fabrique),
> mais avec l'appui d'une machine de guerre comme la FSDL derrière, la liberté de
> parole et d'action nous a donné quelques ailes que certains autres auraient
> d'ailleurs bien voulu nous couper, et de cette personnalité qui en découlait est
> née une crédibilité qui nous permet actuellement de parler d'égal à égal avec
> les syndicats, et d'avoir nos propres contacts au gouvernement et dans la
> presse. L'histoire des « pigeons », c'est aussi un peu grâce au soutien de
> Patrick SOLERA et pour cela, nous l'en remercions ! Je ré-affirme cependant
> notre indépendance, notre esprit critique et notre neutralité face aux enjeux
> syndicaux, mais je salue le soutien de départ qui nous a permis de grandir aussi
> vite !
> La FSDL ne s'est pas arrétée là : elle a très vite communiqué sur le sujet en
> des termes forts et sans équivoque. Elle a aussi alerté ses contacts,
> co-organisé la manif du 15 mars en aidant à convaincre les différentes parties
> de s'associer au mouvement (tout comme l'a fait la CNSD), et surtout, a eu le
> cran de défier Pessoa en déposant une plainte pour faire fermer cette structure
> mais en prenant soin de commencer par le commencement : démontrer sa légitimité
> à poursuivre la fac privée, se baser sur des éléments concrets pour exiger cette
> fermeture (papiers préalables à l'ouverture, exigence de se soumettre au droits
> français & portugais...). Là où la CNSD n'avait pas oser s'avancer de peur
> d'être déboutée et ainsi prendre le risque de se voir empêcher de poursuivre
> Pessoa, ce qui est une façon sage et prudente d'aborder un problème aussi
> complexe, la FSDL a lancé un pavé dans la marre ; premier syndicat à oser porter
> plainte ! Et l'audace paye puisque le juge la conforte dans son droit à
> poursuivre ! Ce qu'elle fait bien évidemment, vite rejoint par l'UJCD qui
> profite de ce qu'une partie du travail est déjà fait pour imposer à son tour ses
> exigeances à Pessoa. Renvoi de l'affaire le 31 octobre 2013: hier !
>
> Je m'étonnerai toujours du manque d'investissement de nos confrères qui se
> disent angoissés par la problématique Pessoa, mais qui hier étaient absents
> alors que beaucoup de choses se jouaient justement au TGI, situé sur la plus
> grande artère toulonnaise où les dentistes sont tous installés en masse. Nous
> étions 3 pour soutenir Maître AUGAGNEUR ! Alors certes, il n'avait besoin de
> personne pour plaider, la justice n'a pas besoin des clients pour faire son
> travail, mais quand même ! Quant aux divergences syndicales, réjouissons-nous de
> l'union apportée par Pessoa France, et je n'ose pas croire que l'étiquette du
> plaignant a été un frein à l'intérêt d'un tel procès. Alors pendant que certains
> faisaient du chiffre ou restaient chez eux, maître Augagneur se battait pour
> eux. Nous serons au procès de l'UJCD et de la CNSD, ne vous inquiétez pas, ces
> considérations ne nous ont pas contaminées. Le fond avant la forme, c'est ça la
> pureté des opinions...
>
> Le TGI de Toulon a donc été le théatre du conflit frontal et direct entre Maitre
> AUGAGNEUR (pour la FSDL) et Maitre Christine RAVAZ (pour Pessoa, elle-même
> administratrice de la fac privée au coté de son président de mari, Bruno RAVAZ).
> Bref hier, Christine RAVAZ défendait aussi et surtout ses propres intérêts, ce
> qui je pense n'aura pas échappé au jury...
> Le discours de notre avocat, celui qui représente toute une population de
> professionnels médicaux angoissés par le CLESI, a été clair, précis et a permis
> d'énoncer simplement le contexte et la problématique imposée par Pessoa France ;
> le but était bien d'opposer la loi, la continuité d'un système, le respect des
> institutions à une démarche de rupture. Il est évident que l'avocat aurait pu
> parler des heures, mais à son sens, le dossier était bien fourni, et l'intérêt
> était bien de mettre l'accent sur la légitimité de sa démarche, ses fondements,
> ainsi que les erreurs et les entorses à la loi du CLESI, que ce soit à la loi
> française, ou à la loi portugaise. C'est un fait, Pessoa répond elle-même à un
> problème qu'elle pose (éclatement du NC), qu'importe ce qu'en dit la France !
> Invoquant l'irrecevabilité de la non-rétro-activité de la loi Fioraso, cela lui
> a paru une hérésie, car l'action n'est pas finie dans le passé, mais le CLESI
> continue tous les jours d'être en infraction. « «On ne peut pas juger une
> entreprise sur les lois d'il y a 50 ans sous prétexte qu'elle a ouvert ses
> portes à ce moment-là » a-t-il en substance avancé... Le jury a paru attentif à
> ce discours, calmement énoncé et édicté avec une certaine passion communicative.
> Dites-vous bien que dans l'angoisse d'une telle confrontation, on se met surtout
> à la place des juges en essayant de ressentir le discours d'une manière neutre
> pour être bien certain qu'au bout du compte, on pourra évaluer le niveau des
> prestations entendues. Cette expérience a permis justement d'être assez fier de
> notre représentant qui a su se montrer intéressant, captivant parfois, posé,
> modéré et construit dans sa manière de présenter son sujet.
> Toujours de ce point de vue, confirmé par la mine parfois déconfite et agacé du
> jury, Mme RAVAZ s'est employée à se battre sur la forme : il manque une
> signature par ci, il manque une pièce par là, les temps ne sont pas respectés,
> il y aurait eu mensonge au jury pour accabler Pessoa... Elle s'est appliquée à
> édicter des textes de lois pour montrer que la demande des plaignants était en
> inadéquation avec la situation de son équipe enseignante & administrative
> pourtant si irréprochable. Seul oubli de sa part durant cette longue
> démonstration, ces textes ne s'appliquaient qu'à des facultés privées reconnues,
> alors que le débat autour de Pessoa et bien sur la légitimité d'une telle
> installation. Cette longue logorrhée n'aura servi à rien, si ce n'est démontrer
> que noyer le poisson est une bonne forme de désinformation, désinformation
> qu'elle nous a tant reprochée à nous autres sur internet. Pour tout dire, nous
> serions "anxiogènes" pour ses petits étudiants si fragiles...
> Pour finir, elle en est venue à critiquer les prix des prothèses, ce qui donne
> immédiatement le niveau de son estime pour une profession à laquelle elle est
> sensée préparer ses étudiants. Aucune connaissance des impératifs d'un cabinet
> dentaires (normes...), aucune connaissance de l'économie réelle des ces derniers
> (salaires, charges, impôts...), que des poncifs et des à priori fielleux et
> navrants, laissant même entrevoir un véritable danger à confier la formation de
> professionnels de santé à des gens aussi bas de plafond dans leur commentaires.
> Question : « Mme RAVAZ, nous promettez-vous que vos étudiants si bien formés
> éthiquement feront tous la couronne à prix coûtant comme votre discours imbécile
> avait l'air de le suggérer ? Pourquoi pensez-vous qu'il y a un tel engouement
> dans votre CLESI si ce n'est pour pouvoir avoir un jour la possibilité de faire
> des couronnes à 900 euros ou des implants à 2000 ? » La bêtise ne s'arrêtait pas
> là puisque bientôt, elle mettait en avant le fait qu'un pauvre étudiant recalé
> de la PACES ne se voyait proposer que des études bien loin de ses aspirations de
> départ au premier rang desquelles... le droit ! Rires et grondements des
> collègues avocats dans la salle (venus plaider d'autres affaires), franchement
> on touchait un peu le fond... Ah non, pas encore, puisque dans la décadence d'un
> discours déjà bien amoché, elle reprochait bientôt l'indécence morale de cette
> cohorte de dentistes venus manifester devant une morgue (à l'entrée de l'hôpital
> Clemenceau semble-t-il...) en dérangeant de pauvres étudiants qui ne
> souhaitaient qu'une chose, travailler... Et pour finir, la description d'un
> cadre idyllique où étudiants de Pessoa cotoyaient dans la plus grande
> convivialité respectueuse des Roms relogés à l'étage au dessus, ainsi que le
> service de gériatrie... Ne manquaient que la veuve et l'orphelin. Notons enfin
> que Dame Ravaz a commencé en nous démontrant clairement qu'il fallait contourner
> ce Numerus Clausus devenu obsolète, mainte fois violé et fait d'après elle pour
> limiter avant tout les dépenses engendrées par la formation des professionnels
> de santé (20000 euros par an payé par le contribuable, plus des écuries à 10.000
> euros en première année sans certitude d'être reçu (contrairement à elle donc)),
> chiffres farfelus ou exceptionnels qui cachent bien le fait que les
> prescripteurs formés par Zorro-Pessoa coûteront bien plus chers à l'état
> français. Par contre, pour s'appuyer sur la loi quand ça l'arrange, alors
> qu'elle encourage ouvertement à la bafouer, on pouvait également compter sur
> elle. Se plaçant tantôt sous la protection de la loi française, parfois de la
> loi portugaise, voire de la loi européenne : Le respect des institutions à la
> carte made in Ravaz !
> Bref un discours dont les ficelles aussi grosses qu'imprécises ne laissait place
> qu'au doute. Le jury pourra toujours suivre ses conclusions, mais devant de
> telles tirades issues d'un mauvais film de procès américain, on a toutes les
> chances d'espérer.
> Le combat continue, il est déjà bien engagé et Pessoa peine à convaincre : nous
> ne pouvons que nous satisfaire de tout ce qui a déjà été accompli, et de tout ce
> qu'il reste à faire grâce aux différentes tactiques engagées. La justice
> française est longue à se prononcer, mais au bout du compte, c'est bien que
> cette dernière soit rendue qui nous importe. Merci donc à tous ceux qui se
> battent à nos cotés pour faire que cette histoire ne soit bientôt qu'un mauvais
> souvenir, merci encore tout particulièrement à la FSDL et à la CNSD ainsi qu'au
> gouvernement qui continue dans l'ombre sa lente mais ravageuse procédure à
> l'encontre du CLESI.

Kung_fu_panda_moei4j

kung fu panda

30/11/2013 à 10:16

En pièce jointe un article de Clinic sur PESSOA (page 2)

1 fichier attaché :

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acid

30/11/2013 à 11:32

Désolé, mais on n'y comprend rien.
Pouvez vous éclairer notre lanterne?
L'université Pessoa se trouve à Porto, Toulon n'est qu'une antenne.
S'il y a un diplôme, celui-ci sera portugais à Porto.
A mon avis, la moindre des choses serait de connaitre le point de vue du principal concerné, le recteur Trigo de Porto.
Pourquoi cet aspect du problème est-il occulté? c'est l'impression que cela donne. Merci de nous informer.

Minamoto_utlhoo

barbabapat

30/11/2013 à 12:07

acid écrivait:
--------------
> Désolé, mais on n'y comprend rien.
> Pouvez vous éclairer notre lanterne?
> L'université Pessoa se trouve à Porto, Toulon n'est qu'une antenne.
> S'il y a un diplôme, celui-ci sera portugais à Porto.
> A mon avis, la moindre des choses serait de connaitre le point de vue du
> principal concerné, le recteur Trigo de Porto.
> Pourquoi cet aspect du problème est-il occulté? c'est l'impression que cela
> donne. Merci de nous informer.

C'est assez simple, c'est 9500 euro par ans deboursés sans etre certain au final d'avoir un diplome délivré par une université qui n'avait aucune formation en dentaire.

Avatar_small

colza2

30/12/2013 à 18:32

En tout cas les étudiants de Béziers doivent faire la fête comme à la fac...........

""Association : ASSOCIATION ETUDIANTE DE CHIRURGIE DENTAIRE A BEZIERS (AECDB).
Type d'annonce : ASSOCIATION/CREATION
Déclaration à la sous-préfecture de Béziers. ASSOCIATION ETUDIANTE DE CHIRURGIE DENTAIRE A BEZIERS (AECDB). Objet : animer la vie étudiante au sein du Centre Libre d’Enseignement Supérieur International (CLESI) de Béziers ; proposer des services aux étudiants en odontologie de Béziers facilitant les conditions d’études des adhérents de l’association AECDB ; représenter les étudiants en odontologie de Béziers et soutenir leurs intérêts auprès de l’institut, des instances ou toutes structures ayant trait à la vie étudiante ; promouvoir les échanges d’étudiant, sur le plan national et international ; promouvoir la santé publique, la solidarité et la santé des étudiants ; pérenniser le folklore estudiantin qui fait la spécificité des études supérieures en permettant la participation des étudiants à différentes manifestations qu’elles soient sportives, culturelles ou d’actions de solidarité. Siège social : 17, quai Port neuf, 34500 Béziers. Date de la déclaration : 17 novembre 2013.""

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chicot29

31/12/2013 à 00:40

Lol ! qu'ils s'amusent bien car l'entrée dans la vie active va les faire tomber de haut. En effet les nuages s'accumulent au dessus de notre profession. J'ai bien peur que dans un avenir proche elle ne soit dans la situation de ce pays qui est foutu.)))))))

Pure_msn_be1nue

drilleur

31/12/2013 à 13:06

Dernières nouvelles!!!
Ils en profitent bien ! vous connaissez la Faluche?
une partie des étudiants de cette école se sont fait falucher il y a 10 jours.
Par les Faluchards Niçois, et il semblerait que le Directeur de l'école ait été Faluchard.