Bioprogressif

Forum associé : Orthopédie dento-faciale

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drDom

04/12/2003 à 08:38

Débat : qu’est-ce qu’être Bioprogressif en 2003 ?

Ma vision du praticien bioprogressif du début du XXIème siècle est la suivante. Ai-je tord ai-je raison ? Qu’en pensez-vous ?

L’essentiel des fondations du praticien bioprogressif est la compréhension des bases d’anatomophysiologie et de croissance qui conditionnent la maturation de la face au sein de l’individu dans son ensemble. Et cela démarre avec l’acquisition de la bipédie chez l’enfant avec toutes ses conséquences : la rotation de la face sous le crâne et la séparation inexorable de l’épiglotte et du voile du palais.
La compréhension de la traction de l’arbre trachéobronchique sur la mandibule et des efforts ventilatoires permanents tant au niveau du pharynx qu’au niveau de la valve narinaire. La compréhension tout aussi importante de la mécanique de l’enveloppe faciale fendue par l’orifice buccal et armée des cartilages du nez et de ses systèmes musculo-aponévrotiques profond horizontal en rapport direct avec le pharynx et superficiel vertical entrant dans la constitution des piliers commissuraux. Et j’en passe bien sûr car il n’est pas possible de résumer l’anatomophysiologie de la face humaine en dix lignes.
Il me semble essentiel que le praticien bioprogressif ait ces connaissances de base pour comprendre que toute adaptation pathologique sera coûteuse et notamment sur le plan de la forme d’où l’apparition des dysmorphoses qui nous concernent.

La deuxième caractéristique du praticien bioprogressif est d’intégrer ces connaissances fondamentales dans un flux logique de diagnostic et de plan de traitement. Et la ligne de base minimale pour l’organisation de ce flux ne doit-elle pas aboutir à deux types d’objectifs ? Premièrement à des objectifs fonctionnels (existe-t-il des dysmorphoses sans comportement dysfonctionnel, d’où la nécessité d’avoir ces fameuses connaissances fondamentales.), deuxièmement à des objectifs morphologiques qui intègrent la croissance. Et c’est pour cela qu’il attend beaucoup de la technologie qui va du montage sur articulateur en passant par l’informatique pour apprécier la croissance à long terme entres autres, jusqu’aux espoirs qu’apporteront peut-être un jour la rhino-manométrie et l’électromyographie en biofeedback.

La technique orthodontique est-elle une caractéristique du praticien bioprogressif ? Peut-être si on pense qu’il adapte ses outils en fonction des degrés de difficulté qui se posent à lui. Ce qui veut dire qu’il a une boite a outil très large qui va si l’on s’en tient au multi-attache de l’arc droit à la segmentation totale. Mais est-ce l’essentiel ? Le but n’est-il pas d’acquérir un niveau diagnostic à ce point élevé qu’il nous permette d’agir le plus précocement possible avec le moins de matériel possible et ce pour le meilleur des enfants qui nous sont confiés.

Est-ce aussi votre vision du praticien bioprogressif en 2003 ? N’hésitez pas à animer ce débat sur le net.

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limlim

04/12/2003 à 08:43

Qu est ce que la rhino-manométrie et l’électromyographie en biofeedback ,ce sont deux notions que je ne possede pas??

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drDom

04/12/2003 à 09:02

La rhinomanométrie permet l'étude de la ventilation et des résistances nasales.
L'électromyographie mesure l'activité électrique des muscles de l'enveloppe faciale.
Le biofeedback est le contrôle par le patient lui même de sa propre activité, notamment dans le sens d'une éducation fonctionnelle.
Pour exercer l'ODF il est indispensable de connaître la physiologie de l'enveloppe faciale et la ventilation. Etiologies connues depuis TOMES 1873, puis ROBIN puis bien développées depuis 1982 par Jacques TALMANT, cf revue d'ODF des années 1992 à aujourd'hui.

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gulguch

04/12/2003 à 10:09

"existe-t-il des dysmorphoses sans comportement dysfonctionnel", ......

Et bien il en existe au moins une, la DDM, comme l'a prouvé Begg (voir premiers chapitres de son ouvrage) avec ses statistiques sur les aborigènes australiens, les dents chez l'homme "naturel" ("jusqu'au neolithique?) fonctionnent un peu comme chez les lapins.

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kri

04/12/2003 à 10:24

question bete : " une DDM ne peut pas etre d'origine fonctionnelle?"

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Algi

04/12/2003 à 12:49

Gulguch:
interressant ce begg: il m'a toujours paru abusif de croire que "l'homme naturel" n'a pas de problémes de dysmorphoses. D'ailleurs, l'homme "naturel" existe-t-il? Ne serait-ce que du fait qu'il pense, il sera à même d'imaginer des imbécilités culturelles ou religieuses, il pourra toujours avoir des comportements "autiatrogénes": mutilations des dents taillées en pointe, utilisation des dents comme outil pour mâcher le cuir (cercle polaire) ou préparer les aliments, voire "têtes carrées" de certains amerindiens, excision ou pieds bandés des chinoises et tous autres comportements "corticalisés" non naturels. Pour moi, l'homme "naturel" n'existe pas du moment qu'il a une culture et une pensée réfléchie.

Tu as coordonnées ouvrage?

Sinon, je pense comme Planas que si fonction correcte, le systéme stomato gnathique sera harmonieux. Donc ne pas abuser de Mac Do.

Dom:
Pour moi, en ce qui concerne l'acquis, tout commence lors de la gestation: position foetus et apports de la mére, ensuite accouchement et conséquences de son déroulement (prématurés, spatules, césariennes...), ensuite acquisition de la marche commence par acquisition du rampé puis du quattre pattes, puis du marcher: acquisition des connections neurologiques croisées et biofeedback neuro-musculaire qui favorise création connexions neurones. Il faut ajouter à celà l'apprentissage de la déglutition et de la mastication qui se fait en paralléle. Celà se poursuit par le parler puis le penser. Donc: qui ne mâche/marche pas bien, ne pense pas bien. D'autre part, si le sujet est en harmonie posturale, il respirera correctement. J'ai parlé que de l'acquis"postural": en ce qui concerne le génétique et l'environnement biochimique ou psycho-affectif il y a encore plein d'autres choses à prendre en compte.

Pour en revenir à ce que devrait être le praticien du XXI eme siécle: il lui faut intégrer tout celà: posture, alimentation et "biochimique" (au sens large de tout ce qui est ingéré, inhalé et en contact, de la bouffe et les médicaments jusqu'aux polluants divers et multiples) ainsi que le psycho-affectif, sans oublier d'être un bon praticien "techniquement". La génétique nous est pour l'instant inutilisable mais celà devrait rapidement changer.
Celà me parait difficile et donc il est souhaitable de travailler avec des correspondants: homéo, ostéo, orthophonistes,phoniatres, psychothérapeutes.......ou alors se lancer dans une recherche personnelle permettant une prise en charge holistique maximale du patient.

J'ai 10 ans de kinesiologie et de dentisterie "énergétique"dans les pattes (formation trés ésotérique et "casse gueule" j'en conviens) où je continue de chercher et d'apprendre, de me fourvoyer quelques fois (médecine chinoise, chakras, psychogénéalogie, fleurs de Bach, homéopathie, nutriments endocellulaires, symbolique dentaire...), sans oublier de m'interresser au "concret, technologique" des materiaux, des pratiques de soin (tailles, anatomie, occluso, posturo, lithotritie parodontale, implants...) et utilisation de divers "appareils" comme le laser ou la lampe à plasma. Tout celà ne pouvant être validé que par la clinique: si pas de résultats je laisse tomber le truc (pas pour moi sans doute).

Pour finir, trois petits cas cliniques:
1/ Papille bunoïde enflammée, tests kinesio et méridiens acu (voir rubrique "cas cliniques" d'il y a quelques jours).
2/ Petite patiente de 18/20 mois: dents de lait coté droit pas sorties alors que coté gauche sur arcade. Testée en kinesio: il apparait une "indécision et une attente" du coté du pére. La mére présente est interrogée et me déclare qu'elle est en pleine séparation avec son mari qui n'est pas le pére de l'enfant. Elle doit aller vivre avec le "vrai" papa d'ici quelques semaines. Je reteste en kinésio et rassure la maman: dés que situation parentale sera claire, les dents devraient sortir et je lui propose d'attendre un petit peu. Ca n'a pas raté: quelques mois plus tard les dents étaient en place et, curieusement, alors que le coté gauche avait occasionné des accidents d'éruption, le coté droit a été comme une lettre à la poste.
3/ patiente handicapée moteur quasi incapable de mouvements volontaires si ce n'est au niveau de la tête et du cou et de l'index main droite, douleurs terribles du dos. Suivie par ostéo qui me demande réalisation gouttiére occlusale pour "caler" sa posture. Gouttiére conçue sur base tests kinesio (position, DVO...) car patiente ne parle pas, sauf par intermediaire tablette avec lettres (elle indique lettre aprés lettre avec l'index, trés simple de communiquer, bonne image avec "frankenstein junior" et la scéne des sédatifs). Suite à pose gouttiére, disparition symptômes pendant 4 ans. Juin dernier: se plaint de nouvelles douleurs. A l'examen: mandibule déviée à droite+++ sans aucune raison apparente. Tests kinesio: relation avec le pére. suite à questionnement: elle déclare avoir perdu son pére quelques semaines auparavant et en être trés affectée. Test "traitement" me donne la clé: j'utilise fleurs de Bach pour aider à gérer traumatisme émotionnel. Au bout de 4 jours: mandibule revenue en place et disparition des symptômes. Je dois lui faire de la paro "High Tech" bientôt avec laser: aucun traitement ésotérique ne me parait plus approprié, mais huiles essentielles pourront certainement aider à la cicatrisation.

Violà un petit apperçu de ma boite à outils: effectivement elle doit être bien remplie mais surtout bien utilisée, sinon gaffe....

PS: je ne suis pas un surhomme, celà a demandé beaucoup de travail et d'apprentissage et il m'arrive encore de me planter + ou - gravement (ça évite à la tête de trop enfler...).

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Algi

04/12/2003 à 13:49

Comme tu disais dans un autre jeu de questions réponses (provocateur de ma part je l'avoue, sur "responsabilité légale"): je ne sais rien...mais je cherche. Sans rancune.

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gulguch

04/12/2003 à 23:48

Mollo, Begg a jamais dit ça, il a dit qu'il existait des dysmorphoses compatibles avec leur existence, ou qui s'arrangeaient avec l'usure.
Naturel, bon on va pas avoir un débat sur la Nature, d'abord il a pas employé le mot, c'est moi qui le cite imparfaitement: comment tu veux que je les appelle: primitifs, c'est pas sympa, préhistoriques c'est chronologiquement faux, premiers c'est à la mode (Musée des Arts Premiers de Chirac),etc, etc. Disons jusqu'au neolithique.
Pour le reste, "imbecillités culturelles", alors non: je ne vois pas pourquoi avoir un os dans le nez ou se faire limer les dents en pointe serait plus con que pousser un caddie à Carrefour tous les samedis, chaque peuple a ses traditions, hautement respectables.
Quant à critiquer l'immense civilisation chinoise et ses traditions érotiques radicales, ou le génie othopédique précolombien (les cranes en pointe c'est encore mieux), pourquoi? Notre chirurgie esthétique, mes patients avec le piercing lingual et mon assistante qui a un piercing sur le nombril, tout ça c'est la réappropriation du corps, ça doit leur plaire, non?
Orthodontie, de Begg, ou Begg's Orthodontics.
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