Solidarité

Forum associé : Eugénologie

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Guadeloupe

08/05/2012 à 17:26

Le mot solidarité et le lot de confusion qu'il draine dans son sillage mériterait que l'on fasse un effort pour clarifier la portée de ce mot.
Pour beaucoup, dont je fais partie, c'est un mot dont abusent les politiciens en période électorale, aussi, il finit par inspirer plus de répulsion que d'attrait.
Citation de George Orwell. "Le discours politique est destiné à donner l'apparence de la solidarité à un simple courant d'air."
Oui, on a eu notre overdose ces dernières semaines.

En même temps, la solidarité existe naturellement chez chacun d'entre nous.
Mais de vouloir l'imposer cela revient à empêcher cet élan naturel de s'exprimer.
En extrapolant avec le mot amour, si on devait réfléchir à comment aimer son prochain avec des normes imposées, et s'acquitter de sa dette d'amour de tant d'euros, parceque telle famille en manque par exemple, on en arriverait à tout un tas d'absurdités, et à liquider l'amour tout simplement, qui deviendrait une sorte de corvée !

Cela rejoint le modèle de la double contrainte "sois spontané" et toutes les pathologies que cela entraîne. (Dans le top 5 des pays les plus dépressifs, on trouve donc la France)
Et c'est comme ça que je ressens cette solidarité institutionnelle dont on nous rebat les oreilles jusqu'à l'asphyxie.
Peu importe que l'on soit de gauche ou de droite (vidé de son sens hors contexte) mais il faut bien admettre que les discours de la campagne électorale de gauche tout confondu étaient bourrés de paradoxes.

A commencer par un nouveau centriste de gauche (il va peut-être falloir enrichir les points cardinaux de nos boussoles pour s'orienter dans ce nouvel espace topologique)
Bayrou "vote" pour le candidat de gauche alors qu'il avait déclaré "si le programme de Hollande est appliqué, c'est la "catastrophe" assurée ".

Relevé au hasard des discours : "fraternité égalité".
Oui mais encore ? Donner un poisson ou apprendre à pêcher ?
Tout le monde ou presque connaît ce proverbe chinois :
"si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. Ce proverbe chinois très connu est plein de sagesse.
La solidarité imposée est trop souvent de l'assistanat déguisé, donc dépourvu de générosité, et inefficace. Pire, quand c'est présenté sur un ton compatissant, cela ôte la dernière dignité à celui qui la reçoit.

Au hasard :
Moi, président, je dis : "il ne faut pas fermer Florange parce que je ne le veux pas "
Il y a du cynisme à en remettre une couche et proposer des solutions irréalistes.
Voilà une bien triste façon de vendre du rêve à des ouvriers électeurs sous respiration artificielle.
Cette solidarité est plutôt une volonté de maintenir son emprise sur les victimes de ce monde en mouvement (qu'on ne peut pas arrêter, même avec toutes les mesures protectionnistes à disposition) et les empêcher d'apprendre à se débrouiller tout seuls, pour redevenir responsables.
On pourrait même dire qu'il faut réapprendre à surfer sur la vague et se donner les moyens de l'affronter, même si elle semble parfois mesurer 20 mètres de haut. C'est pareil pour tous, même pour ceux qui délocalisent. Elle serait plutôt de ce côté là la solidarité, au lieu de monter tout le monde les uns contre les autres.

Redonner les moyens de devenir autonome, le temps d'une remise en route, ce n'est pas pareil que d'assister pour empêcher les gens de penser.
Autant on sait que la solidarité de proximité existe et permet de renouer avec notre humanité, autant on sait que le rouleau compresseur de la solidarité imposée, c'est de l'assistanat qui profite à toujours plus de bureaucratie.

Faire du cas par cas de cette solidarité institutionalisée est tout autant impossible vu la complexité de la tâche.
C'est comme une multinationale de très grande taille qui déciderait de faire du One to One à la lettre, en investissant tout son capital dans un programme impossible à appliquer.
Le résultat serait la faillite car pendant ce temps d'efforts et de mobilisation disproportionné des équipes les plus compétentes dans ce programme, la globalité de l'entreprise ne pourrait plus s'adapter au changement suffisamment rapidement.
On voit quantité d'organismes d'état qui proposent des formations à des logiciels qui ne sont plus utilisés. ou voués à disparaître à très court terme.
...
Autrement, oui pour la solidarité, et même deux fois. Mais celle qui nous élève, nous réjouit, nous donne de l'élan et un sens à notre existence.
Sans la transformer en idéologie (la démago...)

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wakrap

08/05/2012 à 18:54

Eh bien, tu te défoules.
Une mise en forme de tout ceci t'intéressera.
http://heresie.org/
Va sur sommaire des articles puis le dernier en bas de page : petit dialogue sur la solidarité obligatoire

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Guadeloupe

08/05/2012 à 19:40

wakrap écrivait:
----------------
> Eh bien, tu te défoules.
> Une mise en forme de tout ceci t'intéressera.
> http://heresie.org/
> Va sur sommaire des articles puis le dernier en bas de page : petit dialogue sur
> la solidarité obligatoire

En fait c'est plutôt un besoin d'y voir un peu plus clair et partager une réflexion après ce bombardement de signaux qui essayaient de faire vibrer nos cordes sensibles jusqu'à l'écoeurement.
Merci, je lirai ça ce soir car là je dois travailler pour payer mon écot à la nouvelle solidarité :)

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Guadeloupe

08/05/2012 à 20:44

wakrap écrivait:
----------------
> Eh bien, tu te défoules.
> Une mise en forme de tout ceci t'intéressera.
> http://heresie.org/

Mais c'est absolument croustillant ce petit dialogue sur les fondements de la solidarité obligatoire.
J'aurais applaudi comme à une pièce de théâtre.
Cela ressemble à de la gaudriole mais quelle finesse.
Merci
Tout le monde ne sortirait pas indemne en lisant ce texte, donc, âmes engourdies s'abstenir.
Je rappelle de mémoire cette phrase de Laborit
"oui pour être du côté de la veuve et de l'orphelin, mais il ne faut pas se tromper de veuve ...."
ou quelque chose comme ça.

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wakrap

08/05/2012 à 20:55

Et dire que ce petit moment de plaisir a été possible par solidarité libre et volontaire.
Par solidarité contrainte je t'aurais renvoyé aux post d'ameli